ACCUEIL     RENCONTRES     DONATION     FORUM

Les enlèvements se multiplient en Algérie

 
Le phénomène des enlèvements en Algérie a pris des proportions inquiétantes ces dernières années et les autorités semblent peu préparées pour y faire face.
samedi 30 juin 2007.

Yazid Zerhouni incapable de lutter contre les enlèvements en Algérie Le directeur de la Sûreté nationale a reconnu, récemment, que le problème des enlèvements a augmenté ces deux dernières années en Algérie tout en précisant que le taux des crimes enregistrés est extrêmement élevé. Mais, la tâche des services de sécurité est rendue difficile à cause de certains citoyens qui ne veulent pas signaler l’enlèvement des membres de leur famille comme l’a indiqué M. Ali Tounsi précisant que plus de 30% des kidnappings ne sont pas signalés à la police. Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur, M. Yazid Zerhouni, a estimé, lui, que “les services de sécurité n’étaient pas préparés au crime organisé et au kidnapping”. Les opérations d’enlèvement commises ces dernières années ont visé, notamment, des commerçants et des entrepreneurs, et la plupart d’entre elles sont l’œuvre de groupes armés de l’ex-GSPC. On estime 87 affaires de kidnapping enregistrées entre les mois de mars 2006 et avril 2007 pour la seule région de la Kabylie qui englobe les wilayas de Tizi Ouzou, Boumerdès et Bouira, soit une moyenne de 5 enlèvements par mois. Plus de 50 milliards de centimes auraient été versés par les familles des personnes enlevées aux auteurs de ces enlèvements durant cette même période ; soit 2,5 milliards tous les mois.

Si on ajoute l’argent des 30% d’enlèvements non signalés, on arrive à presque 4 milliards la somme perçue mensuellement par les groupes terroristes grâce à ces actions. Mais, l’ex-GSPC ne se contente pas uniquement de ces opérations pour renflouer ses caisses, puisque sa stratégie repose aussi sur le braquage des banques et des transports de fonds, le racket, le prélèvement d’impôts sur les plantations agricoles. Mais le kidnapping est devenu aussi un fonds de commerce pour certains bandits et criminels qui n’hésitent pas à se faire passer pour des groupes de l’ex-GSPC et demander des rançons aux familles des personnes qu’ils enlèvent. De nombreuses affaires de ce type ont été élucidées par les services de sécurité, à l’exemple de ce commerçant de la ville de Dellys, qui a été retenu en otage durant plus de 15 jours par un faux groupe terroriste. L’affaire a été jugée par la cour en février dernier et les peines annoncées pour les cinq membres de ce groupe se situent entre 6 et 10 ans. L’ex-Chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, a déclaré, jeudi dernier à la Chaîne II, que les Algériens, qui se sont débarrassés du terrorisme, ne doivent pas être pris au collet par le banditisme recommandant ainsi que l’Algérie doit renforcer et développer les moyens collectifs de la sécurité et accélérer les réformes de la justice en durcissant davantage la répression du crime.

Synthèse de Billal, www.algerie-dz.com
D’après Liberté