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Le retour des criquets pèlerins en Algérie

 
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) prévoit le retour en Algérie des essaims de criquets pèlerins pour le 15 octobre, a indiqué mardi le ministre algérien de l’Agriculture et du Développement rural Saïd Barkat.
mercredi 15 septembre 2004.

De sérieuses inquiétudes ont été exprimées par le chef du commandement central de la lutte antiacridienne en Algérie, Khaled Moumène, en raison de "la situation préoccupante et catastrophique" qui prévaut dans les pays du Sahel. L’ampleur de l’invasion automnale dans les pays du Maghreb dépend en effet largement de la réussite de la lutte préventive dans les pays de cette région.

Reste qu’au Sahel, la lutte antiacridienne avance à un rythme très lent et avec des moyens insuffisants. Malgré les efforts conjugués des différents pays concernés et la solidarité africaine, seuls 250.000 hectares ont été traités sur les 2,2 millions infestés. "Un hectare de traité en Mauritanie équivaut à 15 hectares sauvés en Algérie", a souligné Khaled Moumène, exprimant la crainte que les criquets reviennent en force en octobre.

L’appel lancé à la communauté internationale le 27 juillet dernier à Alger pour venir en aide à ces pays n’a pas eu l’effet escompté. Selon le ministre algérien de l’Agriculture, sur les 100 millions de dollars réclamés par la FAO, seuls 30 millions ont été mis à sa disposition, dont 15 millions n’ont pas encore été réceptionnés.

Saïd Barkat a observé que la communauté internationale s’est montrée plus prompte à réagir et s’est mobilisée d’une manière plus importante contre d’autres fléaux, tels que le SIDA et la maladie de la vache folle. Il a néanmoins assuré que l’Algérie était prête à affronter le retour des essaims de criquets aussi bien en matière de matériaux qu’en produits pesticides.

Des mesures ont été prises, telle que la mobilisation de 28 avions dont l’utilisation sera privilégiée durant la deuxième phase. Actuellement, 16 équipes algériennes sont à pied d’oeuvre dans les pays du Sahel pour amortir l’avancée des essaims, dont six en Mauritanie, six au Mali, trois autres au Niger et une au Sénégal. Des équipes de prospection ont été d’ores et déjà envoyées dans les couloirs de passage des criquets pèlerins, dont trois dans l’extrême sud algérien.

Dans ce contexte, l’apport de l’Agence spatiale algérienne (Asal) est important. Cet organisme oriente les équipes dans les zones où les acridiens peuvent atterrir et ce, grâce aux images satellite fournies par l’engin spatial Alsat-1, mis sur orbite en novembre 2002. Jusqu’à présent, la lutte antiacridienne a coûté quelque 70 millions de dollars (57 millions d’euros) au gouvernement algérien.

Source : AP