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La population empêche une conférence du RCD à Timizar

Elections présidentielles du 8 avril 2004
 
La conférence-débat intitulée « la Kabylie et les élections présidentielles » que devait organiser le RCD jeudi après-midi à Souk El Had, commune de Timizar, a été empêchée par la population du arch At Djennad.
samedi 13 mars 2004.

Le Dr Mouloud Lounouaci, Nordine Aït Hamouda et Ahmed Aggoun, qui devaient animer la rencontre à la maison de jeunes Youcef Oukaci, où le 26 février dernier le mouvement populaire a tenu un meeting avec la population locale, ont trouvé une foule hostile à leur venue dans la région afin de faire campagne pour Sadi Saïd, candidat à l’élection présidentielle.

Une grande tension régnait dans la localité depuis plusieurs jours et l’empêchement de la conférence-débat était un postulat pour les citoyens venus jeudi dernier en force.Des fourgons de transport public ont été mobilisés par le parti pour acheminer les partisans de Sadi. Après plusieurs tentatives avortées d’accéder à la maison de jeunes en raison du refus catégorique de dizaines de jeunes décidés à stopper l’action électorale en organisant un cordon tout autour de l’édifice, plusieurs pneus ont été incendiés, dégageant une fumée étouffante.

Devant l’insistance des responsables du RCD à tenir leur activité, les jeunes, qui n’arrêtaient pas de scander les slogans du mouvement des archs tels « Ulac smah ulac » et « Ulac l’vot ulac » ont commencé à perdre patience et des échanges d’hostilité ont été entendus de part et d’autre. « Vous êtes déjà élus dans notre APC et vous n’avez rien fait pour nous. Le vote c’est du passé, allez voir ailleurs », criaient des jeunes en colère aux militants du RCD. Un délégué présent sur place a rappelé que « la région d’At Djennad fait du rejet de la présidentielle du 8 avril une question de principe pour honorer la mémoire des victimes du printemps noir », avant d’ajouter que « sans la plate-forme d’El Kseur, il n’y aura point d’élection en Kabylie, quel que soit le prix à payer ».

Vu l’intransigeance de la population, le Dr Lounaouci a tenté d’improviser un meeting dans la terrasse d’un café mitoyen mais il a été encore une fois empêché de prendre la parole devant la foule qui scandait « ulac l’vot ulac ». Les militants et responsables du RCD ne leur restaient qu’une seule solution, à savoir quitter les lieux près d’une heure après de vaines tentatives d’organiser leur conférence-débat.

Lakhdar Siad, La Tribune