Importations frauduleuses du concentré de tomates en AlgérieAvec cette nouvelle affaire d’importations frauduleuses de double concentré de tomates d’Italie, le point de non-retour est atteint dans cette filière stratégique de l’agroalimentaire. Contraints de réagir à cause des risques latents de dépôt de bilan, les conserveurs algériens ont fait voler en éclats la loi du silence.
samedi 18 septembre 2004.
Elle pesait sur l’un des plus importants systèmes de fuite de capitaux et de blanchiment d’argent. Pris dans la tourmente des invendus devenus une régularité à chaque campagne, les conserveurs veulent faire front. Ils détiennent assez d’informations pour provoquer une véritable crise à tous les niveaux des institutions de l’Etat, y compris celui de la grande silencieuse, les Douanes, les ministères des Finances et du Commerce. Les conserveurs, agriculteurs producteurs de tomate industrielle et travailleurs pointent le doigt vers ce qu’ils ont assimilé à une véritable mafia du concentré de tomates d’importation. Pour s’imposer sur le terrain, cette mafia n’hésite pas à distribuer à ses protecteurs commissions et prébendes. Au-delà de la fuite des capitaux, du blanchiment d’argent et de l’enjeu qui représente le marché algérien du CT évalué annuellement à plus de 60 millions de dollars, ceux qui tirent les ficelles sous des prête-noms se sont fixés d’autres objectifs. Un de ces objectifs devrait les amener à mettre à genoux la trentaine d’unités de transformation de tomate industrielle du pays dont 26 implantées dans les wilayas de l’Est. D’une capacité de production cumulée de quelques 160 000 t/an, ces unités emploient directement et indirectement 120 000 travailleurs. L’éventualité de la disparition de ces unités est soulignée par le président de l’Association des conserveurs de tomate (Actom) lorsqu’il déclare : « Si l’Etat n’exerce pas son pouvoir de régulation dans toute sa rigueur, nous risquons de fermer nos portes à très cour terme. » En fait, ce président n’a pas voulu aller au-delà d’une appréciation technique. Apparemment, la situation lui échappe de par l’illégalité et les nombreuses anomalies constatées dans les opérations d’importations réalisées. Il en est ainsi de ces 19 000 t de CT importées durant le seul premier trimestre 2004 d’Italie, de Chine, de Turquie, de Grèce et de Dubaï. Il a suffi de quelques jours aux commanditaires pour faire frauduleusement entrer, via la Tunisie, toute cette quantité en territoire algérien. La Tunisie est également partie prenante des activités de cette fraude qui lui permet d’écouler en Algérie l’excédent de sa production de CT. Sous couvert de la légalité, d’autres opérateurs importent ce produit en prenant soin de minorer leurs factures. Il y a enfin ceux qui s’adressent à des fournisseurs étrangers spécialisés dans la production de concentré de tomates de très mauvaise qualité qu’ils destinent spécialement au marché algérien. Les réseaux de contrebande
Comment se fait-il qu’on nous taxe sur 7,50 DA le prix de la boîte d’emballage importé et que l’on ne s’inquiète même pas que contenu et contenant importés arrivent aux ports d’Algérie au prix de 10 DA l’unité », a indiqué un des conserveurs de la wilaya d’El Tarf. L’impunité aidant, les réseaux de contrebande du concentré de tomates ne se fixent plus de limites en n’hésitant pas à utiliser des subterfuges très grossiers. Grâce à leurs pratiques, nous apprenons que la lointaine Chine et la désertique Dubaï des Emirats arabes, les deux pays qui importent la totalité de leurs besoins en CT, se sont découvertes productrices de tomate industrielle et de concentré de tomates destinés au marché algérien. Cette autre anomalie est passée inaperçue du côté des douaniers algériens qui décidément ne voient jamais rouge quand il s’agit de concentré de tomates. « Toute la tomate qui nous vient de la Tunisie entre frauduleusement. Les auteurs ne paient ainsi aucun centime en droits et taxes sur des milliers de tonnes qu’ils écoulent sur le marché national. Le préjudice se chiffre à des milliards de dinars pour le trésor public. Depuis quand Dubaï et la Chine produisent-ils du CT qu’ils destinent spécialement à l’Algérie ? Des analyses ont démontré que ce CT ne répond pas aux normes algériennes avec un taux de concentration qui dépasse rarement les 17%. », a précisé le président d’Actom. Les conséquences de ces importations frauduleuses n’ont pas tardé sur le terrain avec l’apparition d’une concurrence déloyale impossible à soutenir par les conserveurs algériens. D’où les pires difficultés qu’ils éprouvent à écouler leur production d’à peine 50 000 t/an pour des besoins nationaux exprimés de 60 000 t. Pas de traçabilité
Par N. Benouaret, El Watan Quand la concurrence fait défaut Suite à l’article paru dans votre journal du vendredi-samedi 17-18 septembre 2004 intitulé « Importation frauduleuse du concentré de tomates, les producteurs voient rouge », nous sollicitons les colonnes de votre journal afin d’apporter les précisions suivantes : L’unité de production de Chelghoum Laïd qui a été créée récemment est dotée d’un équipement de haute technologie. Elle fait travailler plus de cent salariés originaires pour la plupart de la région de Mila. Cet investissement, aussi lourd qu’unique dans la daïra de Chelghoum Laïd, contribue ne serait-ce qu’infiniment au développement économique de la région (si on écarte le complexe Enad-Henkel). Les agriculteurs de la wilaya de Mila, en particulier, et les agriculteurs des wilayas avoisinantes en général comme Khenchela, Aïn Beïda, Jijel, Batna, Sétif, Skikda retrouvent le sourire et le goût de la terre en cultivant de la tomate fraîche, du piment doux et du piment fort, en créant des implantations d’arbres fruitiers qui serviront de matières premières pour une production 100 % nationale et cela grâce aux encouragements de jeunes hommes honnêtes et ambitieux qui gèrent cette usine. Le produit de cette usine qui est actuellement sur le marché national est conforme à toutes les règles qu’exige ce genre de production et le consommateur reste seul juge. Dieu soit loué, le résultat est très satisfaisant ! Concernant la marque Latina, elle est bel et bien enregistrée à l’Inapi (document ci-joint). Cela dit, nous affirmons être conformes à la loi algérienne en vigueur, selon l’article 4 de l’ordonnance n° 03/06 du 19 juillet 2003 relative aux marques qui stipule : « Une marque de produits ou services ne peut être utilisée à l’échelle du territoire national qu’après inscription ou dépôt de demande d’inscription à l’Institut national algérien de la propriété industrielle (Inapi). » Enfin, nous voulons inciter nos amis de l’Actom à se tourner au travail et à la concurrence légale et loyale en leur soulignant que l’ère du monopole est révolue et que nous sommes sur les pas d’une adhésion à l’OMC. Au lieu d’utiliser un moyen aussi noble que la presse pour briser et écarter un rude concurrent en le diffamant vulgairement sans aucune preuve, le mieux aurait été d’ouvrir vos bras à ces jeunes investisseurs et de les accueillir en tant que collègues et amis au sein de l’Actom. Nous mentionnons que l’exercice de notre droit est toujours réservé ! Sarl Groupe Oucherif des industries alimentaires,27/09/04, El Watan |
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