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L’Algérie célèbre la révolution de 1954

 
L’Algérie célèbre aujourd’hui le 53e anniversaire du déclenchement de la révolution de novembre 1954.
jeudi 1er novembre 2007.

Célébration en Algérie de la révolution de novembre 1954. Mais chaque algérien revisite à sa manière la mémoire de Novembre 54 en Algérie. Dans la douleur d’une période charnière sommée de payer l’addition d’un copieux festin de terreur et de sang qui continue d’exhaler des miasmes pestilentiels créant la confusion chez une jeunesse à la recherche de repères. Ou encore dans un présent de toutes les incertitudes aux prises avec ses propres contradictions. Enfin, dans l’espoir de jours meilleurs, qui sont restés paradoxalement prisonniers d’une histoire en état de grâce. Plus trivialement, n’ayons pas peur des mots et interrogeons-nous : Novembre 54 a-t-il la même signification pour ses artisans et cette génération accoucheuse de “kamikazes” et de “harragas” ? N’est-ce pas que tous deux ont bravé la mort ? Malheureusement pas pour les mêmes raisons, encore moins pour les mêmes objectifs. La perception des jeunes de 20 ans aujourd’hui au regard de l’histoire et de l’indépendance a été certainement, biaisée par l’inconsistance d’un regard à la limite de l’indifférence que les hauts responsables de l’État ont presque furtivement jeté leurs cris de détresse d’abord morale ensuite matérielle.

Au moment où on prône en Algérie, les vertus du dialogue, les jeunes sont obligés de demander audience aux responsables à partir de routes coupées et à l’aide de pneus brûlés. Ces jeunes qui entendent encore parler à grands renforts de son et de l’image, de l’“iniquité”, de l’“inégalité” du “favoritisme” pratiqués par le colonialisme, et qui se souviennent que leurs aînés se sont soulevés un certain Novembre 54 pour y mettre fin, s’étonnent aujourd’hui pourquoi ces mêmes schémas sont encore reconduits 45 ans après. L’insolence qui gagne de plus en plus l’“affairisme” qui jure avec la pudeur est aujourd’hui vécu par une jeunesse comme une obscénité jetée à sa figure par les laudateurs de l’état de droit. Et c’est justement parce qu’elle refuse désormais cet alibi qui a dévoyé le message de novembre que notre jeunesse jette des regards suspects vers ceux qui mettent les petits plats dans les grands pour célébrer les messages de la glorieuse révolution. Une jeunesse qui a fini par ne plus croire à l’égalité des chances devant les études, l’emploi, le logement prétendus garantis par l’État.

Synthèse de Kahina, www.algerie-dz.com
D’après Liberté