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L’Irak domine le débat Bush-Kerry

 
La situation en Irak a largement dominé, jeudi, le premier débat télévisé entre les deux candidats aux présidentielles américaines, George W. Bush et John Kerry.
samedi 2 octobre 2004.

Ce premier débat, organisé à l’université de Miami en Floride, au sud-est des Etats-Unis, a été suivi par plusieurs millions de téléspectateurs.

George W. Bush, hésitant et sur la défensive, et John Kerry, efficace et plus offensif, ont affiché, durant les 90 minutes de débat, des styles différents pour affirmer leurs profondes divergences sur l’Irak. Le candidat démocrate a commencé à attaquer M. Bush sur l’Irak dès le moment où les deux hommes ont pénétré sur le plateau. Kerry a insisté à présenter la guerre en Irak comme une diversion, alors que la lutte contre le terrorisme aurait dû se dérouler en Afghanistan. Il a même affirmé que le président était entré en guerre sur de fausses affirmations. « Ce président a commis, je regrette de le dire, une colossale erreur de jugement en décidant d’envahir l’Irak en mars 2003... Est-ce que Saddam Hussein était plus important qu’Oussama Ben Laden ? Je ne le pense pas.

Le président s’est précipité dans une guerre en Irak sans un plan pour gagner la paix... », a lancé Kerry contre son adversaire. Ce dernier, contraint de rester sur la défensive, a essayé de se justifier en déclarant que l’Irak est au coeur de la guerre contre le terrorisme. « Un Irak libre sera un allié essentiel dans la guerre contre le terrorisme et cela est essentiel », a affirmé Bush. Toutefois, il a avoué que la situation sécuritaire en Irak se dégrade de jour en jour. « En Irak, il n’y a pas de doute là-dessus, c’est dur. C’est incroyablement dur », a-t-il affirmé. Le président Bush, donné favori par les sondages, n’a cessé de mettre en cause les qualités de « commandant en chef » de John Kerry, l’accusant d’envoyer des « signaux contradictoires » en changeant sans cesse d’opinion. Obligeant ainsi son rival à donner des explications sur sa position sur l’Irak et spécialement sur son vote favorable au déclenchement de la guerre. Sur ce point, Kerry a rappelé que le texte voté par le Congrès ne prévoyait la guerre qu’en « dernier ressort ». Kerry qui s’est montré tout au long du débat décidé et offensif a réussi même à énerver son adversaire par une interrogation sèche : « j’ai fait une erreur dans la façon dont je me suis exprimé sur la guerre, le président a fait une erreur en envahissant l’Irak, qu’est-ce qui est pire ? ».

A l’exception de l’Irak, les autres dossiers de politique étrangère, sujet du débat, ont été rapidement abordés, les deux candidats s’accordant sur la menace majeure que représente la « prolifération nucléaire ». Ils ont parlé du Soudan et divergé sur la stratégie à adopter face à l’Iran et la Corée du Nord, tandis que le conflit israélo-palestinien et Cuba étaient passés sous silence. John Kerry a insisté sur la nécessité de collaborer plus étroitement avec les traditionnels pays alliés des Etats-Unis, critiquant avec force l’unilatéralisme de Bush. Selon la presse et les experts, ce premier débat télévisé a été « un match nul » mais donné un avantage à Kerry.

Plusieurs sondages réalisés après le débat ont montré que John Kerry a réussi à faire passer son message et semble en tout cas avoir largement remporté son premier débat télévisé contre son rival.

Le premier sondage publié quelques minutes après le face-à-face a désigné John Kerry vainqueur du débat pour 45% des 500 personnes interrogées par la chaîne ABC, contre 36% pour M. Bush. 17% les ont placés à égalité. Mais Bush a toujours la préférence de 51% des personnes interrogées pour l’élection contre 47% pour Kerry.

Aussitôt après ce débat télévisé, les deux candidats devaient tenir deux meetings en Floride, un Etat extrêmement disputé, avant de reprendre, vendredi, leur périple électoral à travers le pays. Deux autres débats sont prévus, les 8 et 13 octobre. Le dernier portera sur les questions économiques et sociales, qui représentent, selon l’institut Pew, le seul point fort de Kerry. Il bénéficie sur ce sujet de la confiance de près de la moitié des Américains.

Sofiane M., Le Quotidien d’Oran.