Bouteflika favorable à la révision du code de la familleLe président Bouteflika a qualifié d’« impérative » la révision du code de la famille.
lundi 11 octobre 2004.
« La révision du code de la famille s’est avérée impérative si nous voulons garantir la stabilité et l’harmonie dans la société et assurer le respect de la chariâ qui reste valable en tout temps, conformément à la tradition des premiers exégètes », a-t-il déclaré. En réponse au discours dans lequel les partis islamistes accusent notamment le gouvernement de vouloir « laïciser » et « occidentaliser » la société à travers la révision du code de la famille, le président de la République a répondu que le projet d’amendement de ce texte de loi est « loin de toute idée de se démarquer de la chariâ » et demeure « en accord avec les grands principes fondamentaux de la Constitution et en harmonie avec les valeurs humaines universelles (...) ». A ceux percevant une « antinomie » entre les amendements proposés au code de la famille et la loi coranique, M. Bouteflika a répliqué qu’« il n’y a pas de contradiction entre la volonté de veiller à sauvegarder nos valeurs culturelles et spirituelles et notre objectif de mettre un terme au déséquilibre et à la précarité de la situation de la femme au regard du code civil et d’assurer la protection de l’enfant en vertu des traités, conventions et accords internationaux signés ou ratifiés par l’Algérie. Il s’agit de les harmoniser avec les principes qui régissent la société algérienne ». Le président de la République, qui confirme ainsi l’intention du gouvernement de peser de tout son poids pour valider ce projet d’amendement, a ajouté que la réforme de la justice « (...) ne saurait se limiter au seul code de la famille ». « Il s’agira plutôt, a-t-il insisté, d’une révision globale qui s’étendra à toutes nos législations afin de les conformer à notre option démocratique et à notre choix idéologique national basé sur le respect des droits de l’homme, la conformité avec nos traditions et avec nous-mêmes. » Et de préciser que le gouvernement œuvre à bannir la fitna et à promouvoir le dialogue, la concorde et la réconciliation. Au titre de la dynamique de mise à niveau des textes de loi indispensables à l’exercice de la fonction judiciaire engagée en 2000, le chef de l’Etat a invité le gouvernement à « poursuivre les efforts en vue de finaliser les chantiers juridiques identifiés par le programme de réforme de la justice ». Pour ce qui est des étapes franchies par la réforme et la modernisation des lois et du secteur de la justice, Abdelaziz Bouteflika a rappelé l’importance du statut de la magistrature et de la loi portant composition, fonctionnement et attribution du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), promulgués l’été dernier, en matière de garantie de l’indépendance et de la protection du magistrat. Combattre les lenteurs
Pour y parvenir, il a recommandé, entre autres, de faire appel au savoir-faire d’institutions nationales et internationales et de formateurs algériens et étrangers afin de « permettre aux magistrats d’intégrer les ordres juridiques internationaux qui s’imposent à nous du fait de notre ratification d’accords et instruments internationaux, de notre adhésion aux institutions internationales et des avancées de la mondialisation vers un monde de plus en plus globalisé ». Dans le but de remédier aux lenteurs caractérisant le fonctionnement de la justice et dues, selon lui, à un déséquilibre entre le nombre de cas à traiter et les moyens humains dont dispose l’institution judiciaire, le président Bouteflika a ordonné de « procéder d’urgence à la formation de nouveaux magistrats ». Cela de telle sorte, a-t-il dit, à accroître de moitié leur nombre dès 2009. Le chef de l’Etat a appelé également à accorder une attention particulière aux professions d’auxiliaires de justice, dont dépend le bon fonctionnement de l’institution judiciaire. Le constat du président de la République sur les lenteurs de la justice a été confirmé par le président de la Cour suprême. Ce dernier a révélé, en effet, que sur les 32 700 pourvois en cassation dont elle a été destinataire en 2003, la Cour suprême n’a pu traiter, faute de moyens humains et matériels, que 17 100 cas. Les nombres de « dossiers » traités en 2002 est de 16 561 sur 26 658. La Cour suprême se retrouve cette année avec 71 943 dossiers sur les bras. La situation au niveau des tribunaux a, en revanche, connu des améliorations. A ce propos, le ministre de la Justice a indiqué que les cours ont atteint un pourcentage de traitement des affaires avoisinant les 80%. Des lois applicables
Abordant le rapport entre la justice et la sphère économique, le chef de l’Etat a expliqué que « le développement social de notre pays est tributaire de la révision de l’ensemble des textes juridiques ayant trait à l’investissement et aux transactions ». Dans ce cadre, il soutiendra que la révision projetée « vise à introduire des méthodes et des règles à même de relancer l’activité économique et d’en amplifier les instruments et les mécanismes pour être au diapason du progrès enregistré par l’évolution scientifique et technologique dans le domaine des opérations économiques ». Celle-ci doit, a-t-il encore mentionné, « permettre (...) de lever tous les obstacles juridiques qui se dressent devant l’investissement algérien et étranger dans notre pays ». Dans cette perspective, Bouteflika a mis l’accent sur la nécessité d’« élaborer des projets de textes législatifs visant la promotion du code des affaires et l’avènement d’une justice commerciale à même de stimuler l’investissement national et étranger ». Zine Cherfaoui, El Watan |
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