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Le zèle de Benyounès

Il annonce une visite imminente de Bouteflika en Kabylie
 
“Abdelaziz Bouteflika ira en Kabylie pour faire sa campagne. Partout où il passe à travers le pays, le peuple algérien revendique un deuxième mandat pour le président-candidat.” Amara Benyounès, représentant du candidat Bouteflika, a mis tant de zèle pour défendre le bilan du président sortant lors de son passage, jeudi, à la radio kabyle “chaîne 2”.
samedi 13 mars 2004.

Animé par un fervent opportunisme politique, l’ex-ministre des Travaux publics, qui fait partie du staff électoral de Bouteflika et responsable de son comité de campagne pour la région de la Kabylie, s’est lancé dans une rhétorique peinte de langue de bois lorsqu’il ventait le bilan économique et “la bonne image de marque de la diplomatie algérienne”. A coups d’exemples et de réflexions démagogiques sur la politique sécuritaire, la neutralité de l’administration, Amara Benyounès, qui n’a soufflé aucun mot sur les intimidations et les pressions exercées sur l’administration, le harcèlement contre la presse libre et toute la peur et la terreur que subit le peuple parce qu’il n’adhère pas au cartel présidentiel par cette sortie, veut montrer qu’il a dans sa besace tout pour faire, par son soutien zélé à Bouteflika, un bon confident et un bon ministrable et que, dans la tête, il prépare une autre bataille dans le but d’assouvir ses appétits et ses ambitions à faire partie du clan présidentiel, dont les lendemains sont incertains.

Si on lui reconnaît le mérite d’avoir appelé les populations de Kabylie à aller massivement aux urnes le 8 avril prochain et dit “rejeter ceux qui rejettent le prochain scrutin” c’est-à-dire “(ses) amis” les arouch, le représentant officiel de Bouteflika en Kabylie s’est exprimé, très gêné, sur ‘l’avancée considérable de tamazight” et son officialisation.

“Il faut préparer des mécanismes et régler d’abord certains préalables”, a-t-il affirmé en esquivant la question relative à la tenue ou pas d’un référendum sur cette question. S’exprimant sur l’organisation et “la régularité” du prochain scrutin, Benyounès s’est contenté de “plagier” les propos déjà tenus par les plus fidèles compagnons de Bouteflika, Zerhouni et Ouyahia pour ne pas les nommer : “La gestion du scrutin se fera dans les APC. Il incombe aux représentants des candidats d’en assumer la responsabilité. L’administration ne sera que spectatrice.”

J. L. Hassani, Le Soir d’Algérie