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La situation politique en Algérie est bloquée

 
L’ambassadeur de Grande-Bretagne en Algérie Andrew Henderson a estimé que la situation politique en Algérie était bloquée et a appelé Bouteflika à plus d’ouverture.
lundi 18 février 2008.

Andrew Henderson s'exprime sur l'Algérie. L’ambassadeur Andrew Henderson a émis des analyses et des commentaires sur la situation de l’Algérie, adoptant une liberté de ton inhabituelle dans de telles circonstances. M. Andrew Henderson, qui occupe accessoirement le poste d’ambassadeur de Grande-Bretagne à Alger, depuis l’été 2007, a recommandé au Président Abdelaziz Bouteflika de ne pas chercher à « renforcer sa personne en tant que président, mais de renforcer plutôt l’institution présidentielle pour qu’elle soit plus représentative du peuple algérien ». « La situation politique en Algérie est bloquée. Ce blocage est entretenu par la question de la révision de la Constitution et le troisième mandat du Président, sur laquelle tout est polarisé », a déclaré l’honorable homme politique, ajoutant que la communauté internationale est « inquiète en raison du manque de visibilité sur l’avenir du pays ». Et il enfonce le clou : « confrontée aux problèmes de santé, d’éducation, de chômage et des prix du lait et de la pomme de terre, une bonne partie de la société a perdu espoir », dit-il, avant d’ajouter, sentencieux, que « le vrai problème du pouvoir en Algérie est avec lui-même, car tout ce qui peut apparaître n’est pas la réalité, parce que celle-ci est dans les coulisses ».

Plus surprenant que les propos eux-mêmes, l’usage qui en a été fait en Algérie a dépassé l’entendement. Il y a ceux qui ont applaudi un jugement critique sur la situation du pays, y trouvant des arguments pour enfoncer M. Bouteflika et sa gestion. Dans l’autre bord, il y a ceux qui ont trouvé la déclaration « exagérée » ou « sans fondement ». Mais tout le monde semble s’accorder sur la même dérive : on trouve parfaitement normal qu’un ambassadeur émette publiquement un jugement sans rapport avec ses obligations de base. Il est vrai que cette dérive ne date pas d’aujourd’hui. Le Chef du gouvernement, M. Abdelaziz Belkhadem, avait pris à témoin le président français Nicolas Sarkozy pour lancer sa campagne en faveur du projet d’amendement de la Constitution. Le chef de l’Etat français ne s’était pas privé de renvoyer la balle en affirmant, à son tour, qu’il soutenait le Président Bouteflika parce que la seule alternative serait, selon lui, un pouvoir de talibans en Algérie. Il ne reste plus qu’à demander un peu plus de transparence dans ces tractations qui concernent l’avenir des Algériens et auxquelles les Algériens participent si peu.

Synthèse de Billal, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran