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Pétition pour la levée de l’Etat d’Urgence en Algérie

Organisations internationales pour la défense des droits de l’Homme
 
Elles sont en tout 40 associations et organisations internationales de défense des droits de l’homme à remettre à la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) une pétition dans laquelle elles demandent aux autorités algériennes la levée de l’état d’urgence instauré en Algérie depuis le 9 février 1992.
dimanche 14 mars 2004.

Très attentives aux développement de la situation sécuritaire en Algérie et aux déclarations du Pouvoir algérien sur le retour à la stabilité, notamment ces dernières années, les organisations internationales relèvent une flagrante contradiction entre ces déclarations et le maintien de l’état d’urgence par les mêmes responsables politiques. Le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Yazid Zerhouni, a rappelé, en effet, à l’occasion de chaque sortie avec le président Bouteflika à l’intérieur du pays, la non-disponibilité des autorités algériennes à lever l’état d’urgence.

Selon les signataires de cette pétition, une seule motivation pourrait être à l’origine de la volonté des pouvoirs algériens à maintenir cette situation. « En plus de son caractère anticonstitutionnel, cet état d’urgence sert d’alibi juridique pour la couverture des commanditaires des disparitions forcées et pour la confiscation de toutes les libertés », peut-on lire dans la déclaration des organisations internationales pour la défense des droits de l’homme.

A propos de la tenue de l’élection présidentielle, elles signalent que « cette situation ne pourra en aucun cas garantir un processus électoral libre et transparent ». « La levée de l’état d’urgence est une condition indispensable pour que le peuple algérien puisse enfin reconquérir l’espace public, rétablir la vérité et la justice sur toutes les violations des droits de l’homme et disposer de son droit de choisir ses gouvernants en toute liberté », indique encore le communiqué.

Il est par ailleurs important de souligner que la signature de cette pétition par des organisations internationales vient prolonger la liste des signataires sur le territoire national lancée par la LADDH en juin 2003. Cette dernière relève que les contradictions du pouvoir résident dans les déclarations répétées des membres du gouvernement faisant état de l’existence d’un « terrorisme résiduel réduit à quelques poches, alors que l’état d’urgence est maintenu pour les impératifs de la lutte antiterroriste ».

Mêmes les Américains n’ont pas manqué de relever cette contradiction dans le rapport établi par Lorne W. Craner, sous-secrétaire d’Etat chargé des droits de l’Homme, de la démocratie et du travail. Il a été clairement indiqué que « les autorités violent fréquemment les droits primaires des citoyens. L’état d’urgence permet aux walis d’user de mesures exceptionnelles et les forces de l’ordre entrent dans les domiciles sans mandat, conformément aux dispositions de l’état d’urgence ».

Rosa Mansouri, Le Matin