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La mort de Arafat a soulevé une vague de tristesse en Algérie

 
Dès l’annonce officielle du décès du président palestinien Yasser Arafat, Abdelaziz Bouteflika a décrété trois jours de deuil national. Et en signe de solidarité avec le peuple palestinien et de « reconnaissance pour les grandes vertus de ce dirigeant », il a ordonné la mise en berne de l’emblème national aux frontons de toutes les institutions nationales et des ambassades et consulats algériens à l’étranger.
samedi 13 novembre 2004.

Dans un message de condoléances adressé aux compagnons du leader et à sa famille, le Président algérien a tenu à souligner que Arafat, « le symbole de la lutte arabe », était « de cette trempe de dirigeants arabes qui se sont distingués par leur compétence, leur fermeté, leur sagesse, leur force de caractère et leur attachement au principe de droit »... « Que dire de Arafat si ce n’est que l’homme restera à jamais vivant dans la mémoire de tout combattant palestinien qui défend sa patrie et son indépendance, jaloux de sa liberté et sa souveraineté. Il restera vivant à travers les méthodes de combat qu’il a planifiées et la base militante qu’il a érigée. » Il déclare plus loin : « Non, Yasser Arafat n’est pas mort, sinon pourquoi son ennemi le redouterait-il encore au point de refuser que sa dépouille ne soit inhumée dans la capitale de son pays ? » Avant de finir : « Puisse Dieu accorder à Abou Amar Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en Son Vaste Paradis aux côtés des martyrs et des fidèles, et il n’est point de meilleure compagnie. »

Dans un communiqué rendu public, l’ambassade de l’Etat de Palestine a précisé qu’un registre de condoléances sera ouvert durant les trois jours de deuil. De nombreuses réactions nous parviennent de différentes personnalités algériennes. Ainsi, le président de l’APN, Amar Saïdani, a exprimé, quelques heures après l’annonce du décès du Président palestinien, sa profonde tristesse à la suite de cette nouvelle. Et dans un message de condoléances adressé au président du conseil législatif palestinien, Rawhi Fettouh, Saïdani a souligné que le défunt fut un « fervent défenseur de la liberté, un militant engagé et sincère et un homme attaché au droit et qui a toujours refusé le chantage et les concessions ». Il ajoutera que pour Arafat, qui a « consacré sa vie pour que triomphe la cause palestinienne », l’Algérie a été « une école de militantisme où il a toujours trouvé refuge à chaque fois qu’il traversait des moments difficiles et où il a toujours bénéficié du soutien du peuple algérien ». Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, quant à lui, déclarera, dans dans son message de condoléances adressé au président de l’Autorité palestinienne par intérim, Rawhi Fettouh, aux membres de la direction palestinienne et à la famille du défunt, que « le défunt a été à l’avant-garde des différentes étapes du combat palestinien et fondateur du mouvement Fatah », « un infatigable militant des droits légitimes du peuple palestinien à l’établissement d’un Etat palestinien avec El Qods pour capitale ».

En cette douloureuse épreuve, le président du Conseil de la nation présentera ses sincères condoléances au peuple palestinien et prie Dieu d’« assister le peuple palestinien frère en cette pénible épreuve, d’unifier ses rangs et de le guider vers la voie de la liberté et de l’indépendance ». La direction de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a estimé que la disparition d’Arafat « constitue une perte d’une personnalité révolutionnaire qui s’est sacrifiée pour la défense du droit du peuple palestinien », priant Dieu de « donner au peuple palestinien la foi et le courage de poursuivre la lutte pour l’établissement d’un Etat palestinien indépendant et la protection du peuple palestinien de la politique criminelle de l’administration israélienne à son égard ».

La perte d’un symbole
Des organisations nationales des partis politiques ont également présenté leurs condoléances au peuple palestinien, à la famille du défunt et à ses compagnons en cette douloureuse épreuve. Le FLN, pour sa part, a souligné que le président Arafat était « un exemple pour les nationalistes sincères qui n’ont ménagé aucun effort au service de leur pays » et qu’il « restera vivant dans la mémoire du peuple algérien, ce Président exceptionnel qui a été un exemple de dévouement pour la Palestine et de sacrifice pour sa dignité ». Pour le mouvement Ennahda, la disparition de Arafat « est une perte d’un symbole de la nation arabo-musulmane ». A son tour, il appelle le peuple palestinien et toutes les factions de la résistance à « mettre la cause au-dessus de toute considération et à faire en sorte qu’elle soit un facteur d’unité à la lumière des dangers qui guettent la cause de la nation centrale (Palestine) ».

L’association du 8 Mai 1945 s’est inclinée devant « la mémoire du président Arafat », jugeant qu’en dépit « du décès de cet homme, porteur d’un rameau d’olivier », « la révolution palestinienne continuera jusqu’à la conquête d’El Qods ». Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’association Forum démocratique (FD) présente « ses condoléances au peuple palestinien, à l’Autorité palestinienne, à l’OLP, à ses compagnons de lutte, à sa famille et à ses proches » et précise que le défunt était un « illustre combattant de la liberté et de la dignité, homme de conviction et de courage, qui plus de quarante années durant a incarné le juste combat de son peuple pour l’établissement d’un Etat palestinien ». Pour l’association Rachda, « l’histoire retiendra que M. Arafat a été élu président de l’Etat de Palestine démocratiquement par son peuple et que les Israéliens, à leur tête Sharon et avec la bénédiction et le parapluie américain, incarnés par Bush, ce même personnage pourvoyeur de leçons sur les droits de l’homme et la démocratie, l’ont assigné et confiné dans son quartier depuis 2001 jusqu’à son départ pour Paris, ce qui a causé la détérioration de sa santé ». Arafat, qui a été « un véritable père et un leader spirituel » pour les Algériens, « voulait simplement vivre libre, dignement, sur la terre de ses ancêtres, avec son peuple martyr ».

Pour le Front national algérien (FNA), le décès de Yasser Arafat est une perte pour la cause palestinienne. Le défunt, « un homme exemplaire en cette époque », « a lutté de toutes ses forces pour la restitution de la deuxième qibla et le troisième lieu saint de l’islam ». Le MSP, quant à lui, souligne « l’importance de l’unité des rangs palestiniens et de la cohérence de la gouvernance, fidèles aux luttes et aux efforts combattant la colonisation israélienne et fidèles au défunt Président qui a, durant sa vie, préservé l’union palestinienne de la discorde ».

Par Zineb Merzouk, El Watan