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Naufrages, morts, disparus dans les intempéries de samedi à dimanche

 
Cinq morts, quatorze disparus et une dizaine de blessés, tel est le bilan des intempéries qu’a connues le nord du pays durant ces dernières soixante-douze heures et qui ont entraîné le naufrage d’un navire et l’échouage de deux autres près d’Alger.
mardi 16 novembre 2004.

Ce bilan a été donné, hier, par la Protection civile où une cellule de crise est installée depuis samedi dernier.

Dans un point de presse animé par le commandant Rekkache, chargé de la communication, il est précisé que trois marins sur un total de dix-huit que comptait le navire algérien « Béchar » ont péri, deux autres ont été sauvés samedi dernier alors que treize sont toujours portés disparus. Les trois corps des personnes décédées ont été repêchés entre la journée de dimanche et celle d’hier alors que le « Béchar » a coulé. Les vents qui soufflaient à plus de 100 km/h et les vagues de plus de huit mètres qui balayaient la baie d’Alger ont mis en difficulté deux autres navires, un algérien, « Batna », et un turc, « Wanda ».

En ce qui concerne ce dernier, un marin a été tué et deux autres blessés parmi la trentaine de personnes qui se trouvaient à bord. Ce cargo s’est échoué sur la côte tout comme le « Batna » qui a été drossé sur la plage « les Sablettes » par la houle et le vent. Les treize marins que compte l’équipage du « Batna » ont tous été sauvés. La cinquième victime des intempéries est une petite fille de 10 ans, emportée, samedi dernier, par les eaux de l’oued Aïn Betatcha dans la commune de Aïn Bouziane, wilaya de Skikda.

Reprenant le fil des événements depuis le début de la tempête, le commandant Rekkache indique que les éléments de la Protection civile ont commencé leurs interventions vers 19 heures en mettant en place un poste de commandement fixe au niveau du port ainsi qu’un poste médical avancé. Ces derniers ont également utilisé les embarcations semi-rigides, les bouées de sauvetage et les fusées éclairantes. Après avoir porté secours aux marins des trois embarcations mentionnées plus haut, les éléments de la Protection civile continuent leurs recherches pour retrouver les disparus. De même, les gardes-côtes et la marine nationale se sont mobilisés. Ils ont sollicité l’aide d’un avion et d’un hélicoptère militaires pour tenter de retrouver les marins disparus. Les autorités militaires ont sollicité, de leur côté, l’aide d’un hélicoptère espagnol spécialisé dans le sauvetage.

Pour rappel, la Protection civile algérienne est en possession d’hélicoptères, réceptionnés en août dernier, mais qui ne sont toujours pas opérationnels puisque les documents (dont l’autorisation de navigation) permettant leur mise en service ne sont pas encore prêts. Les recherches des personnes disparues ont cependant été considérablement gênées par les rafales de vent. Des chalutiers ont également subi les effets de la tempête, l’un d’eux ayant coulé dans le port d’Alger où un total de sept gros navires, quatre cargos et trois porte-conteneurs, ont vu leurs amarres rompues par la tempête.

Selon le commandant Rekkache, la Protection civile est mobilisée depuis samedi dernier juste après avoir reçu le bulletin de la météo, annonçant des intempéries et un vent très fort sur le nord du pays. Elle a ainsi réquisitionné tous ses éléments pour se préparer à d’éventuelles interventions et restera en « alerte météo » jusqu’à aujourd’hui. Ses éléments ont eu à intervenir, durant la journée de samedi à dimanche matin, 1 576 fois sur tout le territoire national mais notamment dans le nord du pays où ont été enregistrés d’importantes infiltrations, des routes noyées, des risques d’effondrement, des débordements de lits d’oued ou encore des chutes d’arbres et de câbles électriques.

A Alger, par exemple, des risques d’effondrement ont été signalés à la Casbah, des chutes d’arbres et de câbles électriques ont été constatées à Draria et des infiltrations à Aïn Benian et Bab Ezzouar. Un mouvement de panique important a également été constaté au sein de la population qui garde toujours un souvenir amer de la catastrophe de Bab El Oued. D’importantes infiltrations ont également touché les habitations d’Oum El Bouaghi, de Blida et Boumerdès. A Guelma, deux personnes en danger ont été sauvées par les éléments de la Protection civile qui ont, à Bouira, recasé provisoirement quatre familles dont les maisons risquent de s’effondrer.

La circulation à Annaba a été rendue très difficile par la hauteur des eaux de pluie qui ont inondé les voies. Un entrepôt au niveau de l’aéroport Rabah Bitat d’Annaba ainsi que la cité universitaire Safsaf ont connu d’importantes infiltrations. Le lit de l’oued El Hadjar a débordé sans causer de dégâts alors qu’une personne a été retirée des décombres de son local construit en toub, à Tizi Ouzou. A Skikda, les oueds Safsaf et Zeramna ont vu leur niveau d’eau dépasser le seuil normal pour menacer la route nationale numéro 43, ce qui a occasionné l’arrêt de la circulation à l’entrée de la commune de Hamrouche Hammoudi. Les conditions météorologiques défavorables ont été aussi à l’origine de l’évacuation de plus de cent familles du quartier « Diar Ezzitoun » dans la commune de Azzaba après que les eaux de l’oued attenant eurent menacé leurs habitations précaires.

A Boumerdès, sept chalutiers égyptiens en direction de la Sierra Leone se sont trouvés en difficulté près de Dellys. Les éléments de la Protection civile ont dû intervenir pour sauver les 70 personnes qui se trouvaient à bord des embarcations. Bilan de l’opération, un jeune Egyptien âgé de 27 ans, le nommé A. Tarek, est porté disparu alors que deux autres, les jeunes A. Saïd (27 ans) et O. Rached (17 ans), sont blessés. A préciser enfin que ces dégâts ont été causés par un cumul de 140 mm de pluie enregistré en 48 heures dans plusieurs départements du nord, du centre et de l’est du pays et des rafales de vent qui ont atteint près de 160 km/heure.

Par Hasna Yacoub, La Tribune