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Le nouveau partenariat en Afrique à l’heure du bilan

 
Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) est une initiative prise par les chefs d’Etat de l’Algérie, de l’Afrique du Sud et du Nigeria vers la fin 2000.
lundi 22 novembre 2004.

Ils ont été rejoints par la suite par les chefs d’Etat égyptien et sénégalais pour former le Groupe des chefs d’Etat promoteurs. L’initiative vise principalement à permettre au continent de réunir les conditions d’une paix et d’un développement durables.

Le NEPAD, cadre stratégique de développement pour l’Afrique, vise à éradiquer la pauvreté, placer les pays africains à la fois collectivement et individuellement sur la voie d’une croissance et d’un développement durables, arrêter la marginalisation de l’Afrique dans le processus de mondialisation et améliorer son intégration complète et bénéfique au sein de l’économie mondiale et, enfin, accélérer l’autonomisation des femmes. Si l’idée de cette initiative a été favorablement accueillie par les partenaires au développement de l’Afrique, notamment par le G8, comme exprimé lors du Sommet de Gênes (Italie) en juillet 2001 et l’Union européenne en octobre 2001, la problématique de l’aide en direction des pays qui le composent reste entière.

La raison d’être de ce partenariat nouveau est la mise en œuvre d’un plan stratégique pour sortir le continent du sous-développement, en attirant les investissements étrangers en contrepartie de réformes démocratiques et de bonne gestion administrative de ces pays. Toutefois, pour atteindre l’objectif tracé, le NEPAD a besoin de plus de 50 millions de dollars par an, selon les estimations d’experts établies par certaines ONG africaines. Or, pendant ses trois années d’existence, les fonds octroyés par la Banque mondiale aux programmes du NEPAD tournent autour de plus de 2,558 milliards de dollars américains, indique-t-on de même source en précisant que la question financière et le manque de cohérence entre les Africains et leurs leaders sont les grands handicaps du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.

A cela, il faudra ajouter le manque d’informations et la non-implication de la société civile.La question des modalités de financement, dont la solution est intimement liée à la bonne gouvernance, sera à l’ordre du jour à l’occasion des deux rencontres au sommet qui auront lieu à Alger en présence d’une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernements africains, notamment le 2e forum des chefs d’Etat et de gouvernement des pays participants au mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP, un système d’évaluation collégiale de la « bonne gouvernance ») et la 12e réunion du comité des chefs d’Etat et de gouvernements pour la mise en œuvre du NEPAD. Les participants au forum du MAEP établiront une évaluation de la gouvernance de quatre pays : le Ghana, le Kenya, l’île Maurice et le Rwanda. Les dirigeants africains doivent également discuter des modalités de financement des activités du MAEP, créé en février dernier.

A ce jour, 24 Etats ont adhéré au MAEP : l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, la République du Congo, le Cameroun, l’Ethiopie, l’Egypte, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Mali, le Malawi, l’île Maurice, le Mozambique, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie et la Zambie. Le forum d’Alger constituera une occasion pour tirer les enseignements nécessaires de ces premières expériences. Les chefs d’Etat africains doivent faire le bilan global et exhaustif des trois années de mise en œuvre, dans les domaines prioritaires notamment la paix, la sécurité, l’agriculture et la sécurité alimentaire. La rencontre d’Alger se penchera sur l’état d’avancement du partenariat établi par l’Afrique avec tout particulièrement le G8, l’Union européenne et les instances financières internationales. L’Algérie se prépare à accueillir une mission d’experts africains en fin 2005, pour passer en revue la conformité des institutions du pays aux critères de bonne gouvernance et de démocratie fixés par l’union. Une mission déjà effective dans quatre pays qui se sont proposés pour subir l’évaluation au début de 2005, à savoir le Rwanda, l’île Maurice, le Ghana et le Kenya.Pour rappel, le NEPAD est issu de la fusion de deux propositions, notamment « le Programme du Millénaire pour le renouveau de l’Afrique » (PRA/MAP) des chefs d’Etat de l’Afrique du Sud, de l’Algérie et du Nigeria et « le Plan OMEGA pour l’Afrique » du chef de l’Etat sénégalais. Le résultat de la fusion a été « la Nouvelle initiative africaine » (NIA) qui a été solennellement adoptée par les chefs d’Etat ou de gouvernements africains à l’occasion du 37ème Sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), tenu à Lusaka (Zambie), en juillet 2001.De la « Nouvelle initiative africaine », elle portera un nouveau nom, « Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique » depuis la réunion du comité des chefs d’Etat ou de gouvernements pour la mise en œuvre et le suivi de l’initiative tenue le 23 octobre 2001 à Abuja (Nigeria).

Le plan d’action initial pour la mise en œuvre a été adopté lors du 1er sommet de l’Union africaine (UA) à Durban en Afrique du Sud en juillet 2002. Le 2e sommet de l’UA à Maputo en juillet 2003 s’est concentré sur les éléments de troisième phase du processus du NEPAD, notamment la mise en œuvre. Son mécanisme institutionnel comprend la Conférence des chefs d’Etat ou de gouvernements de l’Union africaine (UA), le comité des chefs d’Etat ou de gouvernements pour la mise en œuvre et le suivi du NEPAD, formé des cinq chefs d’Etat promoteurs (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigeria et Sénégal), de dix autres chefs d’Etat ou de gouvernements représentant les cinq sous-régions de l’Afrique et le président en exercice de l’UA, le sous-comité sur la paix et la sécurité, ainsi que le comité directeur formé de représentants des cinq chefs d’Etat promoteurs et enfin le Secrétariat technique basé en Afrique du Sud.

Par Amar Rafa, La Tribune