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Les relais de Bouteflika à Constantine

Le grand échec d’une nébuleuse boiteuse
 
A J-4 du lancement de la campagne électorale, la nébuleuse formée par les soutiens du Président-candidat à Constantine semble dans tous ses états, atteinte d’une fébrilité bien justifiée.
dimanche 14 mars 2004.

Malgré la désignation d’un universitaire et sénateur de surcroît pour diriger la campagne de Bouteflika et le déplacement de pas moins de trois ministres en plus du leader de Hamas, le week-end dernier a été un immense fiasco politique pour le clan présidentiel et ses laboratoires algérois qui ne savent plus quelle recette inventer pour contrôler la capitale de l’Est.

La population constantinoise, qui représente un enjeu important de par la taille du corps électoral, demeure réfractaire, voire méprisante envers tout ce qui est entrepris par ces sombres personnes. MM. Tayeb Louh et Bouguerra Soltani ont dû le constater par eux-mêmes et à leurs dépens en découvrant, jeudi dernier, des salles monstrueusement vides ou, du moins, garnies par les mêmes têtes.

Pis, la coordination des associations de soutien s’est même offert le luxe de boycotter ces activités pour ainsi remuer le couteau dans la plaie ouverte par les guerres intestines déclenchées il y a des mois autour du leadership. La coordination, actuellement bicéphale et proche de Boudjemaâ Haïchour, n’a certainement pas pu digérer le fait que la direction de la campagne soit revenue à une personnalité du RND, alors qu’elle compte tous les redresseurs dans ses rangs.

Au quartier général de cette instance, gracieusement installée à l’ancienne école française Victor-Hugo, le branle-bas de combat est quasi quotidien sauf que les armes sont, pour le moment, tournées vers les alliés. Chaque jour charrie son lot de putschs internes, d’où l’absence de dynamique qui ne fait qu’éclairer un peu plus le vrai visage de ces coquilles vides privées de tout encrage social et qui peinent à créer l’illusion de la popularité du Président sortant.

D’abord, à cause des stigmates que portent les animateurs du mouvement devenus infréquentables et, ensuite, à cause de l’idée peu reluisante que se fait la population en l’absence de tout débat public autour de son bilan. Il est vrai que le record en visites (9 en tout) que détient Constantine n’a fait qu’alimenter l’humour local, alors que les milliards de dinars consacrés à la wilaya n’ont pas encore produit l’effet de bien-être escompté. Bien au contraire, les émeutes persistent à cause des mêmes revendications jusqu’au problème de logement dont on dit que Constantine s’est taillé un programme conséquent. Ainsi donc, à la différence des autres candidats à la présidentielle, on peut dire que Bouteflika a une longueur d’avance grâce à ses relais qui sont déjà en pleine campagne.

Mais c’est une campagne boiteuse qui ne cesse d’essuyer les revers malgré les moyens colossaux investis dans les opérations et les promesses qu’on fait miroiter pour corrompre et recruter à bras-le-corps. L’écho est trop faible et ne soutient guère le moral des troupes. Pour gagner, il faudra sûrement utiliser autre chose

Nouri Nesrouche, Le Matin