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L’Algérie s’exprime sur l’union pour la Méditerranée

 
La vision de l’Algérie sur le projet d’union pour la Méditerranée a été exposée par l’ambassadeur de l’Algérie en France à l’occasion d’une rencontre à Paris.
dimanche 30 mars 2008.

L'Algérie, la France et la Méditerranée. « Une union pour la Méditerranée, pour quoi faire et comment ? » C’est ce thème, l’un des plus dominants de la vie politique régionale actuelle, qui intéresse au plus haut point l’Algérie, qui a eu la préférence du forum de Paris version 2008 qui se tient depuis vendredi soir au siège de l’Unesco, et ce, jusqu’à la fin de la journée d’aujourd’hui, avec une participation conséquente de personnalités politiques et diplomatiques, des scientifiques et des intellectuels des deux rives de la Méditerranée. Une quinzaine de séances plénières et de travaux en ateliers animent une manifestation où les réflexions et les débats abordent autant les questions de sécurité, que d’énergie, d’aménagement de villes, des enjeux stratégiques et de l’Etat de droit, d’éducation et de culture, etc. Hier, en fin de matinée, un autre thème a suscité un intérêt particulier : pour une vision partagée de la circulation des hommes en Méditerranée. La dimension humaine des relations euro-méditerranéennes, souvent marginalisée ou abordée sous l’angle des flux migratoires, préoccupation centrale des Européens, a retenu l’attention d’une forte assistance qui avait face à elle un panel de choix composé notamment du ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement, M. Brice Hortefeux, de l’ambassadeur d’Algérie en France, M. Missoum Sbih, de celui du Maroc, M. Fathallah Sijilmassi, et de l’historien Benjamin Stora.

M. Sbih « confesse volontiers » qu’il est « diplomatiquement incorrect de parler de l’échec du processus de Barcelone » en soulignant qu’on ne peut plus « continuer à prôner la libre circulation des biens, des capitaux et des services et, en même temps, multiplier les restrictions à la circulation des personnes donnant ainsi aux populations impliquées le sentiment d’être exclues d’un partenariat qui les concerne, pourtant, au premier chef ». Partant du fait que le projet d’union pour la Méditerranée « résulte d’un accord négocié exclusivement entre pays européens », l’ambassadeur s’est demandé si, lors des négociations avec les pays du Sud « tout pourra alors être mis sur la table, sans restriction, y compris les différentes dimensions du projet et, en particulier, la dimension humaine qui devrait à nos yeux, être considérée comme axe central autour duquel devrait s’ordonner l’ensemble des relations entre l’Union européenne et les pays du sud de la Méditerranée ». Quelle est cette dimension humaine vue par l’Algérie ? D’abord, il y a la relation entre les peuples « sans l’adhésion desquels il est vain de prétendre construire une destinée commune ». Ensuite, dira l’ambassadeur, « c’est la protection des communautés émigrées et leurs relations avec leurs pays d’origine. C’est la formation des hommes. C’est le partage du savoir et des connaissances. C’est le transfert de technologie. C’est le développement de la coopération universitaire, scientifique et technique. C’est le dialogue des civilisations et l’intensification des échanges culturels. C’est [...] la circulation des personnes [...] c’est, enfin, partager une vision commune de la problématique migratoire en considérant [...] les causes réelles de ce phénomène pour promouvoir une approche globale et intégrée fondée sur la responsabilité mutuelle qui trouverait sa projection sur le terrain à travers une authentique politique de co-développement ».

Synthèse de Kahina, www.algerie-dz.com
D’après La Tribune