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La justice algérienne n’est pas indépendante

 
La justice algérienne était plus indépendante à l’époque du parti unique selon le bâtonnier d’Alger Me Sellini Abdelmadjid.
dimanche 30 mars 2008.

Sellini Abdelmadjid sur la justice algérienne. Réélu à la tête du Conseil de l’Ordre des avocats d’Alger pour un troisième mandat, Me Sellini déplore la régression de la profession de magistrat et celle de la qualité de la pratique de la justice de manière générale. En effet, l’invité du forum d’ El Moudjahid dresse un tableau peu reluisant de la qualité de la justice algérienne, donc de sa fiabilité. L’Egypte aurait une meilleure justice que nous. C’est l’évaluation que fait le bâtonnier de l’appareil judiciaire algérien, qui « a toujours piétiné les avocats ». « Les magistrats égyptiens jouissent d’une plus grande indépendance avec une Constitution fiable et stable » relève-t-il. En évoquant la détérioration continue des conditions d’exercice de la profession, le conférencier a insisté sur la nécessité de la refonte de la justice et sa réorganisation. Cela passe essentiellement par la mise en place de mécanismes répondant aux aspirations des magistrats pour une meilleure équité. Le magistrat aurait perdu son pouvoir de décision et est souvent influencé par le parquet, laisse entendre Me Sellini.

S’élevant contre « l’ingérence » constatée et la pression appliquée aux magistrats, il affirme que « les juges d’instruction ne jouissent pas d’indépendance en Algérie. » « Plus de 90% des décisions dans les cours sont des confirmations », ce qui serait abusif et remettrait en cause l’utilité des cours d’appels. Le taux susmentionné explique amplement la surcharge des prisons. Selon Me Sellini, 90% des décisions des juges d’instruction sont « de simples reprises des P-V de gendarmerie ou de police ». C’est donc la « précipitation » qui caractérise la prise de décision. Toutefois, l’homme de justice a dénoncé l’abus dans l’application de la détention préventive en Algérie. Particulièrement lorsque l’accusé n’a pas d’antécédents juridiques et qu’il n’a pas commis de crime. Les juges devraient être plus souples avec cette catégorie de personnes, suggère-t-il, puisque « la prison fabrique les délinquants ». S’agissant de la régression de la profession d’avocat, elle serait en partie liée à la qualité de la formation dispensée aux universitaires. Ferme, Sellini approuve le fait que « l’université ne donne plus le même produit ». D’où la nécessité de favoriser la formation « continue ».

Synthèse de Kahina, www.algerie-dz.com
D’après Le Soir d’Algérie