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Lutte globale contre le terrorisme

 
La lutte contre le terrorisme a été au coeur de la deuxième conférence des chefs d’état-major des pays d’Afrique du Nord et du Sahel, organisée à l’initiative du Commandement des forces américaines stationnées en Europe (EUCOM).
mardi 7 décembre 2004.

La première conférence de Stuttgart des chefs d’état-major des armées des pays d’Afrique du Nord et du Sahel s’était, rappelle-t-on, déroulée à la fin du mois de mars dernier. Présente à ces travaux, l’Algérie y était alors représentée par le général de corps d’armée Mohamed Lamari, le prédécesseur du général-major Ahmed Gaïd Salah.

L’ordre du jour de cette rencontre, coordonnée par le commandant des forces américaines stationnées en Europe, le général James Jones, avait porté sur la lutte globale contre le terrorisme. Stuttgart I était intervenue, ajoute-t-on, dans le sillage du déploiement de forces spéciales américaines dans la région subsaharienne. Un fait qui expliquait, avait-on avancé, le parrainage de cette rencontre par l’EUCOM. Celui-ci (EUCOM, ndlr) est chargé, en effet, de coordonner les opérations des forces spéciales américaines dans la plupart des pays d’Afrique. Depuis plus d’une année, 200 instructeurs de l’armée américaine ont été ventilés à travers le Sahel et la Corne de l’Afrique, avec pour mission de former les armées des pays de ces régions aux techniques de la lutte antiterroriste. Les travaux de la conférence de Stuttgart I, auxquels avaient pris part les responsables des armées du Tchad, du Mali, de la Mauritanie, du Maroc, du Niger, du Sénégal et de la Tunisie, ont débouché sur la prise de décisions devant notamment permettre aux armées des pays participants d’affiner leur « stratégie opérationnelle » en matière de lutte contre le terrorisme. Citant des sources proches de l’EUCOM, les médias américains avaient confirmé l’information et ont précisé que cette rencontre (dont les résolutions sont restées secrètes) a servi, entre autres, à aplanir les divergences entre les différents états-majors et à engager une coopération efficiente afin de sécuriser le Sahel.

Depuis 2001, cette région est devenue un eldorado pour une kyrielle de groupes terroristes représentant une menace constante. Le plus actif d’entre eux est le GSPC. L’un des chefs de ce groupe terroriste, Abderrazak El Para, est d’ailleurs connu mondialement. Incontrôlable en raison de son étendue et de son relief rocailleux, la bande sahélienne sert également de base arrière à d’autres groupes terroristes africains et à des trafiquants en tout genre. Et à l’instar du GSPC, ces derniers transitent souvent par ce « no man’s land » aux frontières poreuses pour s’approvisionner en munitions et en vivres ou pour écouler leurs marchandises. Dans la foulée de la première édition de la conférence de Stuttgart, des sources avaient indiqué que les armées algérienne, marocaine et tunisienne pourraient également bénéficier du programme de formation et d’assistance militaire (le plan Pan Sahel) mis en œuvre par le département d’Etat américain au profit du Mali et de la Mauritanie pour contrer Al Qaîda dans la région. Parallèlement à l’initiative américaine, d’autres sources ont aussi évoqué l’éventualité de la tenue d’un sommet des chefs d’Etat du Mali, de l’Algérie, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie, consacré à la menace terroriste au Sahel.

Zine Cherfaoui, El Watan