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“Alger est sécurisée” selon Ali Tounsi

 
Selon Ali Tounsi, Alger est sécurisée. Le patron de la DGSN a révélé que des terroristes nouvellement infiltrés ont été neutralisés en quelques heures.
mercredi 8 décembre 2004.

Pour renforcer davantage la sécurité, les effectifs de police seront portés à 180 000 hommes, et 160 caméras seront installées en 2005 .

Si la menace terroriste était persistante, il y a quelques mois, Alger semble plus en sécurité aujourd’hui. C’est du moins l’assurance exprimée par le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN). Dans un point de presse improvisé, hier, en marge de sa visite à l’école de police de Kouba où il a présidé une cérémonie de promotion d’officiers et de sous-officiers, Ali Tounsi a révélé que ses services “ont remporté de francs succès” dans le démantèlement des cellules des groupes armés dans la capitale et sa préservation contre la mise en place de nouveaux réseaux. “Nos actions ont été payantes”, s’est-il félicité. Selon lui, le dispositif mis en place en matière de renforcement des effectifs (600 policiers supplémentaires) et de la logistique (augmentation du nombre de barrages), l’efficacité du renseignement ainsi que la collaboration des citoyens ont porté leurs fruits. “Nous avons mené des opérations, que nous n’avons pas dévoilées, et qui ont abouti à la neutralisation de terroristes. Je peux vous assurer que certains -nouvellement infiltrés-, ne sont pas restés plus de quelques heures à Alger avant d’être localisés et interpellés”, soutient la DGSN.

L’explosion d’une voiture piégée devant la station électrique d’El-Hamma, en juin dernier, avait ressuscité, dans l’esprit des Algérois, le spectre des attentats de la décennie noire. Leur peur s’est avérée légitime suite aux déclarations, quelques jours plus tard, de M. Tounsi. Au cours d’une conférence de presse, tenue à l’occasion de la Fête nationale de la police, il avait levé le voile sur le danger constant des groupes armés dans la capitale. D’où le déploiement d’un dispositif d’envergure. Ce plan, consolidé durant le mois de Ramadhan, a vu l’implication des différents services de lutte contre la criminalité, à leur tête les Brigades mobiles de police judiciaire (BMPJ). L’implantation de ce genre d’unités, qui viendrait en renfort aux commissariats, correspond parfaitement aux objectifs de la Sûreté nationale en matière de lutte contre le terrorisme à Alger, mais également sur tout le territoire national. Hier, le patron de la police a inauguré un nouveau siège de la sûreté urbaine, sis dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah, près de Zéralda. L’édification de ce genre d’infrastructures nécessite bien évidemment des hommes en nombre suffisant. C’est ce à quoi s’attelle la DGSN. “Nous allons procédé au recrutement de 35 000 à 40 000 hommes”, affirme M. Tounsi. Cette exigence est d’abord celle du gouvernement qui a donné un délai de deux ans à la direction nationale de la police pour réaliser cet objectif.

Les renforts attendus porteront les effectifs de la police à 180 000 hommes. Au chapitre des moyens, l’acquisition de matériels modernes constitue également, une priorité. Le DGSN a débuté, hier, sa tournée d’inspection dans Alger en se rendant dans la salle de trafic du commissariat central. Dans ces lieux se trouvent les écrans reliés aux 16 caméras de surveillance disséminées dans les grandes artères de la capitale. Servant à l’origine au contrôle et à la régulation de la circulation automobile, ces appareils sont en outre destinés à l’interception de mouvements et d’individus suspects. Au total, 160 caméras seront installées au fur et à mesure dans l’Algérois en 2005. Cette opération sera ensuite généralisée aux grandes villes du pays. “Nous nous procurerons le nombre qu’il faudra”, promet le DGSN. Outre le terrorisme, l’aggravation du phénomène du grand banditisme appelle à une mobilisation sans faille. La multiplication des braquages contre des convoyeurs de fonds, par exemple, justifie amplement les efforts engagés. Interrogé à ce propos, M. Tounsi, tout en confirmant l’implication des terroristes dans ces hold-up, garantit que tout est entrepris pour y mettre fin.

Par Samia Lokmane, Liberté