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L’ONU pour une « vaste stratégie de prévention » des conflits

 
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelaziz Belkhadem, a présidé mardi dernier à New York une réunion-débat du Conseil de sécurité consacrée à la prévention des conflits et la protection des populations civiles.
jeudi 16 décembre 2004.

Le président de séance -l’Algérie assure la présidence tournante du Conseil de sécurité durant le mois en cours- a indiqué que « la protection des civils dans les conflits armés n’a pas toujours bénéficié de toute l’attention voulue » de la part de cet organe de l’ONU, notamment en Palestine occupée, a rapporté hier l’APS.

« En Palestine occupée et ailleurs au Moyen-Orient, il existe des situations qui constituent un véritable concentré de violations massives et flagrantes du droit international et des principes humanitaires qui guident la protection de civils de la part d’acteurs étatiques clairement identifiés envers lesquels le Conseil n’a pas fait preuve de la détermination et de la fermeté qui lui sont habituelles ».

Selon lui, la crédibilité du Conseil et celle de la communauté humanitaire, « s’agissant de la question sensible de l’impunité, sont mises à rude épreuve par la politique de deux poids, deux mesures qui bénéficie, notamment, à Israël ».Abdelaziz Belkhadem a souligné que la réunion de mardi dernier offrait au Conseil de sécurité « une nouvelle occasion d’initier les réajustements qui s’imposent ». Il précise à cet effet que « sur le plan normatif, en particulier, les situations d’occupation ont révélé qu’un effort renouvelé est nécessaire pour prendre en compte les opérations militaires conduites par des armées régulières en milieu urbain ou à forte concentration de populations en vue de circonscrire la notion contestable de dommages collatéraux à l’ère des armes conventionnelles à fort potentiel de destruction ».Dans sa déclaration lue par le ministre algérien, le Conseil de sécurité axe donc sur la nécessaire et « vaste stratégie de prévention » des conflits à mettre en œuvre pour garantir la protection des civils à long terme. Une prévention qui, selon les membres dudit conseil onusien, s’attaquerait aux causes profondes des conflits et permettrait de pourvoir durablement à la protection des civils grâce notamment à la promotion du développement durable, à l’élimination de la pauvreté et à la réconciliation nationale. Lesdits membres ont, par ailleurs, renouvelé leur appel à toutes les parties à un conflit armé, y compris les parties autres que des Etats, afin qu’elles respectent pleinement les dispositions de la Charte des Nations unies et les règles et principes du droit international.

En sus, il leur est également demandé d’assurer la sécurité du personnel des Nations unies et celui des associations humanitaires tout comme le Conseil a condamné à nouveau fermement tous les actes de violence à l’encontre de civils, dont le recours croissant à la violence sexuelle comme armes de guerre, ainsi que le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats par les parties à des conflits armés.L’action des organisations régionales dans le traitement des problèmes transfrontaliers tels que le désarmement et la réinsertion des combattants, les mouvements de réfugiés, la traite des êtres humains, le trafic illicite d’armes et l’exploitation illégale des ressources naturelles, n’a pas été omise également. Tout en condamnant « fermement le recours croissant à la violence sexuelle et sexiste comme armes de guerre, ainsi que l’utilisation des enfants soldats », le Conseil de sécurité a souligné la responsabilité qui incombe aux Etats d’assurer la protection des réfugiés. Il a affiché ainsi son intention de « veiller à ce que les missions de maintien de la paix soient dotées de mandats et de ressources qui leur permettent de protéger les civils en cas de danger imminent ». La fourniture de « fonds suffisants » pour répondre efficacement face aux crises humanitaires est également mise en avant.

A ce propos, des observations avaient été relevées par le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, Jan Egeland, qui a jugé, selon les services d’information de l’ONU, crucial d’assurer un meilleur respect du droit international humanitaire, des droits de l’Homme, du droit des réfugiés et de mieux lutter contre l’impunité, rappelant que les Etats avaient un rôle essentiel à jouer à cet égard. Aussi, de nombreux intervenants représentant les pays membres ont mis en exergue l’importance de lutter contre la culture d’impunité qui caractérise bien souvent les graves violations du droit international humanitaire commises à l’encontre des populations civiles lors de conflits, déclarent les Nations unies. Il est à souligner, enfin, que le chef de la diplomatie algérienne a rencontré le même jour (mardi), le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. Leur entretien a porté sur diverses questions figurant à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.

Par Younes Hamidouche, latribune-online.com