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La France a commis des massacres en Algérie

 
La France a commis de graves massacres en Algérie le 8 mai 1945 pendant lesquels 45000 civils Algériens ont été tués par l’armée coloniale.
mardi 29 avril 2008.

La France massacre en Algérie. Les déclarations faites par l’ambassadeur de France à Alger, Bernard Bajolet, dimanche dernier à Guelma, ne sont pas innocentes. Elles ne sont qu’une suite logique dans le long et périlleux chemin de la reconnaissance, par la France, des crimes commis par la France coloniale. Par petites doses, les Français concèdent, lentement, que leur pays était responsable de crimes. Pas seulement physiques, mais aussi moraux, culturels et même identitaires. Il y a quelques années, en 2006, le président Bouteflika avait employé le concept « génocide identitaire » qui avait « choqué » une bonne partie de la classe politique française. Mais la « réplique », grave, du chef de l’Etat algérien n’était en réalité qu’une réponse à la loi de la honte votée le 23 février 2005 et qui reconnaissait « les aspects positifs de la colonisation ». Beaucoup de bruit a couru depuis. Les événements se sont accélérés. Chirac en premier, pas en Algérie, mais à partir d’Antananarivo, la capitale malgache, a reconnu la responsabilité de la France dans les crimes coloniaux.

Le geste, différemment apprécié dans les anciennes colonies, n’est qu’un début d’une justice qui doit être rendue un jour. Si Chirac n’est pas allé loin, d’autres politiques français l’ont fait. A commencer par le maire de Paris, Bertrand Delanöé, qui, bravant les critiques des nostalgiques de l’Algérie française, a baptisé, au début de l’année 2006, deux places importantes dans la capitale française. La première porte le nom du martyr Maurice Audin et la seconde, érigée sur le pont Saint-Michel, porte celui du 17 Octobre 1960. Le maire de Paris concède plus. Il déclare le 25 avril 2006 à Alger que « nous avons jeté des Algériens dans la Seine ». Mais, jusque-là, il n’y a pratiquement rien de révolutionnaire, exception faite des déclarations de l’ancien ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, qui, dans un discours prononcé à Sétif en mai 2005, avait qualifié les événements de mai 1945 de « tragédie inexcusable ». Contre toute attente, c’est Nicolas Sarkozy qui fait le plus grand pas. La surprise vient du fait que le chef de l’Etat français a toujours soutenu, notamment avant son élection il y a une année, qu’il détestait « les repentances » et qu’en « se promenant dans Alger, il n’y a pas que des choses négatives ». A Constantine, le 5 décembre 2007, Sarkozy qualifie les crimes de la France coloniale d’« impardonnables ». C’est donc logiquement que Bernard Bajolet, qui qualifie d’abord de massacres les tueries de 1945, reconnaît que « le temps de la dénégation est terminé ».

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après La Tribune