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10 ans après l’affaire de l’Airbus d’Air France

 
Dix ans sont déjà passés sur le détournement de l’Airbus A-300 d’Air France, et l’affaire n’a encore pas livré tous ses secrets. A son bord, il y avait 273 passagers, essentiellement des Algériens et des Français.
jeudi 23 décembre 2004.

C’était le 24 décembre 1994. Le vol AF 8969 s’apprêtait à décoller à destination de Paris lorsqu’un commando terroriste de quatre individus, armés de kalachnikovs, prenait les commandes de l’appareil et exigeait la libération, entre autres, de Abassi Madani et Ali Benhadj, les deux co-leaders du parti dissous, le FIS. L’avion était resté cloué au sol pendant 48 heures. Les pirates de l’air, qui commençaient à exécuter les otages, exigeaient des autorités algériennes de l’époque, en sus, le départ de l’avion vers la France.

Les dirigeants algériens, à leur tête le président Liamine Zeroual, le chef de gouvernement, Mokdad Sifi, et le ministre de l’Intérieur, Meziane Chérif, avaient fini par laisser l’avion s’envoler pour la France. Destination : aérodrome de Marseille-Marignane, fermé au trafic suite à l’incident. Justifiant leur assaut par l’exécution d’un quatrième otage, ce qui s’était avéré plus tard faux, les autorités françaises avaient opté pour un « dénouement musclé ». C’était le 26 décembre. L’unité d’élite de la gendarmerie française, le GIGN, avait pris en assaut l’appareil. Trois passerelles mobiles de l’aéroport, conduites chacune par un membre du GIGN, avaient foncé sur l’Airbus A-300. La première, avec huit gendarmes, dont le chef d’escadron Denis Favier, avait pris position devant la porte avant droite. Les gendarmes ouvrirent la porte et pénétrèrent dans la cabine. Ils avaient été accueillis par des tirs nourris. L’assaut a duré 20 minutes, pendant lesquelles 1500 balles ont été tirées. Des coups de feu avaient été entendus de partout. Les pirates de l’air ont été tous tués. Les otages ont, quant à eux, été libérés après 54 heures de peur et de terreur. Parmi les passagers, il y avait Ferhat Mehenni, chanteur engagé. Le commandant de bord et tous les membres de l’équipage étaient sortis sains et saufs. Mais aucun d’entre eux n’a osé témoigner. Jusqu’à aujourd’hui, personne ne connaît le nombre exact de morts lors de l’intervention du GIGN. Le bilan qui a été donné par les officiels français faisait état de 4 morts, 13 blessés parmi les passagers et 7 éléments du GIGN.

Cette prise d’otages avait donné lieu à de sérieuses frictions entre responsables algériens et français. Du côté français, il y avait Edouard Balladur, ministre de l’Intérieur ayant proposé au départ une assistance technique à l’Algérie. Du côté algérien, il y avait Mokdad Sifi, Premier ministre. L’affaire a dix ans, mais elle est loin d’être définitivement réglée. Plusieurs observateurs s’interrogent sur nombre de faits qui sont restés inexpliqués. En premier lieu, il est judicieux aujourd’hui de se poser la question sur le sort des corps des pirates de l’air tués, qui n’ont pas été encore rapatriés. Aussi, qu’en est-il des résultats de l’enquête qui avait été diligentée au lendemain du dénouement de l’affaire, sachant que c’était Meziane Chérif qui avait annoncé à l’époque l’ouverture d’une enquête pour en connaître les tenants et les aboutissants ? Mais le rapport n’a jamais été rendu public.

Par Mokrane Ait Ouarabi , El Watan