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Bernard Kouchner attendu en Algérie

 
Le ministre français Bernard Kouchner sera demain en Algérie porteur d’un message du président français Nicolas Sarkozy au chef de l’Etat algérien.
dimanche 11 mai 2008.

Bernard Kouchner en visite en Algérie. La question de l’Union pour la Méditerranée (UPM), souci numéro un de la diplomatie française, sera au centre des discussions. La France qui a, au prix d’un recadrage du projet initial, calmé l’Europe du Nord, sceptique voire hostile, a besoin de s’assurer que le flanc sud de la Méditerranée soit de la partie. Le plus grand projet diplomatique de Nicolas Sarkozy risquerait d’être entaché si la séance inaugurale de l’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet prochain, était marquée par des absences importantes des chefs d’Etat de la rive sud. L’Algérie a déjà signifié qu’elle en acceptait le principe sous réserve de connaître son contenu concret. Les questions bilatérales ne sont pas mauvaises en dépit des frictions substantielles sur la question de l’histoire coloniale. Dans ce domaine, les propos de l’ambassadeur de France, Bernard Bajolet, à Guelma, au sujet des massacres du 8 mai 1945, une avancée indéniable en matière de formulation officielle française, sont bien un message en direction d’Alger : on peut avancer sur cette question. Il y a une question de rythme à gérer pour le rendre acceptable en France.

Le fait que le président Bouteflika, sans faire référence au discours de Bernard Bajolet, se dise « extrêmement attentif à toutes les voix qui s’élèvent en France contre le déni de l’Histoire » laisse entendre qu’il a été entendu. La participation du chef de l’Etat au sommet de Paris est, on s’en doute, vivement souhaitée côté français. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les contentieux entre l’Algérie et la France sur l’histoire ou les divergences connues sur le dossier du Sahara Occidental ne constituent pas des obstacles majeurs. Le vrai problème, et il est valable pour d’autres chefs d’Etat arabes, est que le sommet de Paris implique, nécessairement, prendre langue, même dans un cadre multilatéral, avec le Premier ministre israélien. Si l’exercice ne pose aucun problème aux chefs d’Etat arabes dont les pays entretiennent des relations diplomatiques avec Israël - c’est le cas de l’Egypte, de la Jordanie, de la Mauritanie et d’une certaine manière du Maroc -, cela n’est pas le cas de l’Algérie. Il y a certes eu le précédent de Barcelone en 1995, mais le contexte était favorisé par les espoirs illusoires des accords d’Oslo. Le processus de Barcelone n’est pas allé bien loin.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran