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L’Algérie n’a pas vaincu les intégrismes

 
Les événements dramatiques de Berriane rappellent que peu a été fait en Algérie pour vaincre la culture de la violence et de l’intolérance.
mercredi 21 mai 2008.

Emeute à Berriane en Algérie. C’est connu : l’Algérie bascule très vite vers les tentes, à la moindre secousse. Un séisme, beaucoup de pluie, un glissement de terrain, l’été, ou la suite d’un quota de logements insuffisant, il suffit de peu pour que les Algériens perdent les usages de l’urbanité et reviennent en courant vers cet espace du précaire et des résidences prêt-à-porter qui relativisent leur identité, leur croyance, leur progrès et leur condition humaine piégée entre le pacage et le forage des puits de pétrole. Du point de vue de l’anthropologie, il s’agit presque du spectacle d’un peuple qui veut annuler le temps pour mieux l’enjamber, à chaque fois, à chaque crise. C’est dire que la civilisation d’un pays peut se mesurer à la distance qui sépare les tentes, des constructions en dur. Selon les journalistes présents à Berriane, cette commune située, désormais, dans l’un des quartiers de Bagdad, la petite ville est, aujourd’hui, séparée par une route nationale qui y passe sans s’arrêter, avec d’un côté, comme de l’autre, des tentes abritant des réfugiés. Peut-on être un réfugié dans son propre pays et le faire couler sous ses pieds ? Oui, les Palestiniens le savent bien, autant que les Irakiens ou les Libanais. (Connectez-vous sur le forum algerie-dz.com pour commenter l’article : http://www.algerie-dz.com/forums)

A un enfant de dix ans aujourd’hui, assis au coin droit de la caricature, les mains croisées derrière le dos, l’Algérie est un pays où des hommes encagoulés peuvent fracasser la porte de la maison, vous prendre votre enfance pour lui donner des coups de pieds, y laisser à l’endroit des tremblements et des cris, et vous repousser vers la tente où il fait froid, la nuit et tellement mauvais, le jour. Comme il ne suffisait pas à ce pays d’être bouteflikiste, islamiste, FLNiste, kabyliste, il fallait donc y ajouter de nouveaux produits toxiques comme ibadites, malékites, berbéristes, Mozabites... etc. De tous les cauchemars climatisés que le chroniqueur a pour habitude d’imaginer pour peupler les enfers oisifs de ses incroyances, jamais il n’aurait imaginé que ce pays puisse arriver à cette limite absurde et imbécile : un Etat qui ne sait pas quoi faire, traînant la patte parmi la foule d’un peuple qui fait n’importe quoi. Il est possible pour une peuplade de redevenir sauvage, mais souvent c’est sur les terres d’autrui. Que se passe-t-il donc, aujourd’hui, dans cet endroit de l’Algérie ? Personne ne sait. L’essentiel est pourtant évident : l’Algérie n’a pas vaincu les intégrismes parce qu’elle a vaincu le FIS. Sans écoles, sans livres, sans destin et sans utilité, le pays retrouve, peu à peu, ce qui a fait démissionner l’Emir Abdelkader face à sa belle histoire : l’usage des tribus, des tentes comme refuges, de la violence contre soi.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran