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La fréquence des émeutes en Algérie inquiète

 
Les émeutes et les violences se multiplient en Algérie sans que cela suscite un débat public pour la recherche de solutions.
mercredi 28 mai 2008.

Violences et émeutes en Algérie. Le silence des intellectuels face aux soubresauts, aux émeutes en Algérie et aux expressions violentes sporadiques de la société est un phénomène particulièrement étonnant. N’ont-ils rien à dire nos clercs, dont le silence prend une épaisseur abyssale ? Face à des manifestations brutales et apolitiques, l’opinion est en mal d’explications et de propositions. Cette absence des intellectuels est particulièrement ressentie dans un contexte où les politiques sont confinés à la pure représentation, alors que ceux qui ne figurent pas au rôle officiel se murent dans une distante réserve. La situation est en effet difficile à déchiffrer et les perspectives encore plus difficiles à définir. Que faire, que penser face à des explosions subites et violentes dénuées, en apparence, de toute dimension politique et qui posent pourtant d’évidentes questions de cette nature ? Il est clair que le mode d’exercice du pouvoir et les formes de représentation font partie de l’énoncé du problème. Encore faudrait-il que des voix se fassent entendre pour en démonter les mécanismes et exposer les alternatives. (Une Opinion ? Connectez-vous sur le forum algerie-dz.com pour commenter l’article : http://www.algerie-dz.com/forums)

Sommes-nous condamnés à ces moyens de contestation ? Depuis plusieurs années, l’émeute est la règle en Algérie : les manifestations de désespoir, d’anarchie, de destructions gratuites, de vol provoquent la peur. La seule réponse apportée est le durcissement des mesures de maintien de l’ordre et l’établissement d’un climat caractérisé par la méfiance vis-à-vis des jeunes et des manifestations populaires. Il est essentiel pour la résolution des crises en Algérie, pour l’éclairage de tous que l’intelligentsia nationale s’exprime dans la diversité des opinions et des points de vue pour que tous nous puissions discerner les options et débattre en toute conscience des alternatives possibles à l’émeute. La violence spontanée qui occupe de manière récurrente les rues de nos villes et de nos villages apparaît comme un phénomène purement algérien. En effet, nul autre pays, quel que soit le régime politique, ne semble vivre la fréquence et l’intensité de ces bouffées de destructions gratuites. Et pourtant, peu de contributions sérieuses de nos chercheurs, analystes ou universitaires viennent tenter d’éclairer nos lanternes désemparées. Nos intellectuels ne seraient-ils plus que des consultants ?

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran