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Les ambitions d’Ahmed Ouyahia en Algérie

 
Le chef du RND Ahmed Ouyahia espère devenir président de l’Algérie en 2014 après le 3e mandat de son guide Abdelaziz Bouteflika.
samedi 31 mai 2008.

Ahmed Ouyahia et l'Algérie. Traditionnellement, quand son calendrier d’activité l’empêche d’être présent à un grand rendez-vous international, le Président de la République désigne pour le représenter l’un des trois personnages de l’Etat occupant les postes venant protocolairement après le sien. A savoir le président du Sénat, ou celui de l’Assemblée nationale, ou le Chef du gouvernement. Depuis peu, Bouteflika déroge à cette tradition en confiant cette tâche à Ahmed Ouyahia. En ses qualités d’ancien chef du gouvernement, d’acteur politique de premier plan sur la scène nationale et sa maîtrise avérée des dossiers, l’intéressé a certes le profil pour représenter dignement le pays et son mandant dans les aréopages internationaux. Il n’empêche qu’en l’ayant choisi dans un moment où beaucoup d’interrogations et de spéculations ont cours dans le pays sur la véritable nature et l’état de leurs relations en lien avec l’élection présidentielle qui se profile en Algérie en 2009, Bouteflika a surpris et dérouté autant ses partisans que ses adversaires. Il est normal par conséquent que sa décision soit sujette à des interprétations aussi variées que contradictoires sur ses raisons. Lesquelles toutes s’accordent toutefois pour faire la lecture qu’en ayant été ainsi distingué, Ahmed Ouyahia est plus que jamais une personnalité avec laquelle il faudra compter sur l’échiquier politique national, où d’importantes échéances sont en gestion. (Une Opinion ? Connectez-vous sur le forum algerie-dz.com pour commenter l’article : http://www.algerie-dz.com/forums)

Le message premier que le chef de l’Etat a délivré en confiant à Ouyahia la mission de le représenter dans divers forums internationaux est qu’il lui conserve sa confiance. Façon indirecte mais expressive d’infirmer les rumeurs et supputations qui ont fait d’Ouyahia son potentiel compétiteur dans la course de l’élection présidentielle en 2009. Si effectivement tel était le cas, l’on voit mal Bouteflika remettre « le pied à l’étrier » de façon aussi honorifique à un rival en puissance. L’on peut ainsi décrypter le geste présidentiel comme un signal adressé à ceux qui, dans le RND, s’apprêtaient, à l’occasion de la préparation du congrès du parti, à tenter une opération de « redressement » contre Ouyahia, au motif de ses mésententes et de sa rivalité supposée avec le chef de l’Etat. Il est un fait maintenant qu’après avoir été aussi distingué, Ouyahia est assuré d’être à l’abri d’une velléité du genre. C’est un secret de Polichinelle que l’ex-chef du gouvernement bénéficie de puissants et solides appuis dans le cercle des « décideurs », preuve en est son « retour en grâce » auprès de Bouteflika. L’autre sens du message adressé par celui-ci est qu’il y a un consensus d’établi au sein de ce milieu pour l’élection présidentielle prochaine. Un consensus dont l’enjeu fondamental est la continuité du régime dans laquelle Bouteflika a accepté que son ex-chef du gouvernement ait un rôle d’importance essentielle à jouer. En faisant enchaîner à Ouyahia les missions de représentation de l’Etat au plus haut niveau à l’étranger, le Président semble l’avoir accepté en tant que son « héritier présomptif », auquel il offre ainsi l’opportunité de se forger une stature internationale compatible avec le « destin national » qui lui est reconnu, à savoir devenir président de l’Algérie en 2014.

Synthèse de Souad, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran