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L’Algérie manque de stratégie pour séduire ses cadres

 
Le gouvernement peine à créer des opportunités intéressantes en Algérie pour convaincre les cadres Algériens de rester dans le pays.
mardi 3 juin 2008.

Les cadres Algériens et l'Algérie. Un colloque sur les Algériens de l’étranger, cela sert à quoi ? A montrer un « intérêt » pour ceux qui sont ailleurs. Mais cela n’est pas forcément le signe que l’on a une politique. Il aura servi au moins à rappeler une chose, un peu trop méconnue : les transferts de devises des Algériens vivant à l’étranger dépassent les investissements directs étrangers. Quand on compare entre l’intérêt épisodique pour les Algériens expatriés et les appels réguliers aux investissements étrangers, on saisit bien l’absence de cohérence. Mais ne nous leurrons pas. Si l’Algérie se soucie de ses expatriés, cela ne peut concerner vraiment que deux catégories : ceux qui détiennent des capitaux et ceux qui détiennent du savoir. Pour les capitaux, on ne sent pas vraiment le frémissement. D’origine indéfinie, une bonne partie de ces capitaux algériens ne sont aucunement intéressés par le « retour » en dépit des discours rassurants des pouvoirs publics. Il reste donc le capital humain, ce savoir que détiennent les compétences nationales parties trouver ailleurs une amélioration de la qualité de la vie et un épanouissement professionnel.

C’est autour de ces questions que les choses se feront ou, c’est plus probable, ne se feront pas. En d’autres termes, les causes objectives qui ont amené les compétences algériennes, souvent de guerre lasse, à aller ailleurs sont-elles toujours présentes ou non ? La réponse est connue. Elle est donnée par les compétences encore présentes en Algérie, qui sont tentées par l’expatriation. La seule option envisageable pour les cadres expatriés est de créer les conditions pour que l’économie nationale puisse profiter de leur savoir sans attendre qu’ils reviennent. Tabler sur le « retour » pour des hommes et des femmes qui ont souvent galéré pour se faire une situation à l’étranger, est une illusion. Par contre, il existe chez eux une disponibilité à servir et à aider leur pays. C’est à ce niveau que l’Algérie peut et doit agir. Après tout, on « importe » déjà et au prix fort de la compétence technique étrangère qui n’est pas destinée à s’établir chez nous. Les liens affectifs des expatriés avec leur pays devraient être un atout, mais cela ne doit pas déroger aux règles de l’économie. A compétence égale avec un étranger, l’Algérien expatrié ne doit pas être sous-rémunéré. Et le patriotisme ne doit pas être avancé pour justifier un traitement inégal. Cette question récurrente des cadres expatriés est la traduction claire de l’existence d’un « besoin » et l’Algérie doit s’organiser pour le satisfaire. Elle soulève une question de fond : si on sait qu’il est difficile de faire revenir des cadres, cela ne doit que rendre plus pressant le besoin de garder ceux qui sont encore dans le pays.

Synthèse de Kahina, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran