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La médiocrité gouvernementale en Algérie

 
Le récent remaniement gouvernemental en Algérie ne semble pas en mesure de convaincre les Algériens que l’efficacité gouvernementale sera au rendez-vous.
mercredi 25 juin 2008.

La médiocrité gouvernementale persiste en Algérie. Si le président Abdelaziz Bouteflika tenait à redonner quelque espoir à une opinion nationale au moral en berne, il aurait dû s’y prendre autrement qu’en rappelant Ahmed Ouyahia à la chefferie du gouvernement et en procédant à un léger replâtrage de l’équipe ministérielle en Algérie. Belkhadem n’a pas été à la hauteur dans la fonction de coordinateur de l’exécutif gouvernemental. Il faut mettre à sa décharge qu’il fut contraint de travailler avec un staff dont il n’a pu obtenir le changement quand Bouteflika l’a désigné pour la primature. Cela étant, son échec est patent. Ouyahia qui fut son prédécesseur n’a pas fait mieux, quoi qu’en disent aujourd’hui ceux qui applaudissent à son retour. Il a laissé à Belkhadem un secteur économique en panne, un contexte social en ébullition. Que va-t-il faire qu’il n’a pu quand il fut déjà aux affaires ? C’est cette interrogation désabusée que se sont fait les citoyens à l’annonce de sa redésignation à la chefferie du gouvernement. L’autre question qui est posée est celle de savoir si le chef de l’Etat n’avait que le choix d’Ouyahia pour reprendre en main un exécutif gouvernemental défaillant et un appareil d’Etat bloqué. Il ne nous semble pas que le retour du patron du RND est redevable à sa compétence « managériale ».

Tout comme quand il l’a remercié, Bouteflika a rappelé Ouyahia dans un dessein de stratégie politique. Il fallait au chef de l’Etat éloigner Belkhadem du Palais du gouvernement non pas à cause de son bilan calamiteux, mais parce qu’il s’apprête à accepter de participer au Sommet de Paris le 13 juillet, alors que Belkhadem est le chef de file du courant qui s’oppose à cette participation et tout bonnement à l’entrée de l’Algérie dans l’UPM. Tout comme il a eu des doutes sur Ouyahia au sujet de la question de la révision de la Constitution et du troisième mandat, il en nourrit sur Belkhadem dans cette affaire de l’UPM. Du moment que le premier nommé a depuis fait acte d’allégeance à sa personne et à son projet politique et qu’il exprime une opinion positive sur l’UPM et la participation algérienne, Bouteflika l’a remis en selle pour faire aboutir la révision de la Constitution et l’aider à étouffer la protestation qui ne manquera de se manifester lorsqu’il annoncera sa présence au Sommet de Paris. Pour le reste, la médiocrité et la cacophonie resteront les signes distinctifs de l’exécutif gouvernemental, Ouyahia ou pas. Car cette situation, ce n’est ni lui ni Belkhadem qui en sont responsables. Elle est consubstantielle à la nature du mode de gouvernance instauré par Bouteflika et à son choix des hommes auxquels il a confié la gestion des affaires publiques.

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après le Quotidien d’Oran