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Émeutes à Djelfa, Mascara et Kherrata

 
Les habitants de Djelfa, Mascara et Kherrata sont sortis dans la rue pour protester contre les dernières augmentations qui ont touché ce produit essentiel, surtout en cette période de froid.
mercredi 19 janvier 2005.

Pas moins de 33 émeutiers ont été arrêtés avant-hier au soir par les éléments de la sûreté nationale à Birine, à 130 km au nord-est de Djelfa, alors que 10 policiers ont été blessés, dont 3 estimés graves. Par ailleurs, les dégâts matériels sont évalués à des dizaines de milliards de centimes.

Tel est le premier bilan des émeutes ayant secoué la ville de Birine avant-hier, où plus de 5 000 personnes sont sorties dans la rue pour protester contre l’augmentation du prix du gaz butane, mais aussi contre la corruption, le manque d’eau, les coupures d’électricité... Les Birinois en effervescence ont saccagé et incendié plusieurs édifices publics, dont le siège de l’APC, la daïra, les impôts, la poste... Ils ont même tenté de saccager l’agence Badr durant la nuit d’avant-hier, n’était l’intervention musclée des forces antiémeutes dépêchées de Médéa.

Le calme est donc revenu hier matin à Birine, bien que de nombreux jeunes aient vainement tenté de semer la panique au marché hebdomadaire, très fréquenté à l’approche de l’Aïd. Les commerçants et les maquignons, très vigilants, ont réussi à rétablir l’ordre en quelques minutes. Les services de sécurité mènent, depuis hier, les investigations afin de situer les responsabilités. Ils auraient filmé les actes de violence, en attendant des poursuites judiciaires contre les auteurs des troubles. Ainsi, il est certain que d’autres personnes seront interpellées dans les prochains jours selon une source sécuritaire.

Par ailleurs, on apprend que le ministère de l’Intérieur va dépêcher une commission d’enquête. Le wali de Djelfa, M. Hamou Ahmed Touhami, a pour sa part ordonné, hier, le versement des salaires des enseignants qui auraient, selon certaines sources, manipulé des élèves pour protester dans les rues en signe de solidarité avec leurs professeurs n’ayant pas encore perçu leur salaire. Le wali a aussi ordonné la distribution en grandes quantités de gaz butane sous le contrôle des services de sécurité.

Il faut noter que les élus ont préféré quitter la ville pendant que les incendies ravageaient les édifices publics ; seuls le maire et le chef de daïra ont été contraints de se réfugier dans la brigade de la gendarmerie nationale. Ce qui a poussé le wali, très en colère, à vociférer en s’adressant au maire et à ses adjoints : “Vous êtes indignes de représenter la population.” Le P/APW s’est abstenu de tout commentaire. Manipulation ou protesta spontanée, rien n’est encore clair à Birine, ville qui n’a jamais connu de pareilles violences. si certaines sources parlent de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase en raison de la pauvreté, du chômage, de la marginalisation que vit la population de cette ville, d’autres évoquent l’existence d’un lobby d’“importateurs” originaires de Birine mais installés à Alger, qui auraient manipulé des délinquants les poussant à mettre le feu aux documents fiscaux, voire leurs dossiers à la recette des impôts de Birine. et là, c’est une tout autre histoire.

Par Lotfi G, www.liberte-algerie.com