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À Tizi Ouzou, À Béjaïa et à Boumerdès : du jamais-vu depuis... 1957

 
“Depuis longtemps, bien avant la guerre de Libération, il n’y a pas eu une tempête de neige aussi importante”. Ce témoignage d’une septuagénaire de Larbaâ Nath-Irathen résume l’ampleur des fortes précipitations enregistrées dans la wilaya de Tizi Ouzou, ces dernières quarante-huit heures.
jeudi 27 janvier 2005.

Cette situation a provoqué la perturbation du trafic routier et l’isolement des villages et des communes du chef-lieu de wilaya. Pratiquement toutes les routes sont impraticables. C’est le cas de 14 CW et des RN12, 30, 71, 68, 25 et 128. Même l’autoroute Tizi Ouzou-Alger est coupée à hauteur de Draâ Ben-Khedda. Jusqu’à hier, dans l’après-midi, la neige tombait encore sur toute la région, engendrant des coupures d’électricité dans plusieurs localités comme Aïn El-Hammam, Iferhounen, Yatafen, Ath-Aïssi et Ath-Ouacifs. Les établissements scolaires étaient fermés et les transports paralysés. Dans la ville des Genêts, de nombreux magasins ont baissé rideau. Les intempéries ont provoqué des dégâts à la cité Bounar-Belkacem appelée communément La Carrière où des chutes d’arbres sur les habitations ont été enregistrées. Dans le reste de la wilaya, aucun incident n’est à signaler, selon les services de la Protection civile.

Selon nos informations, les assemblées populaires communales ont réquisitionné des chasse-neige et des engins appartenant à des entreprises publiques et privées pour déblayer les routes. De son côté, la wilaya a mis en place une cellule de crise et un numéro vert (026 21 88 15) pour parer à toute éventualité. Des membres de cette commission, contactés par nos soins, conseillent aux citoyens d’éviter tout déplacement inutile. Selon les prévisions de l’office de météorologie, les chutes de neige se poursuivront jusqu’à demain vendredi.

Par ailleurs, la région de la Basse-Kabylie était complètement recouverte de neige durant la journée d’hier, où la quasi-totalité des activités socioéconomiques de la région était à l’arrêt.

Le blocage du réseau routier de la wilaya de Béjaïa par les importantes chutes de neige enregistrées ces dernières 48 heures a provoqué une paralysie totale, à travers les différentes localités de la région. Les moyens de transport ont été contraints à l’arrêt, la classe ouvrière et les routiers condamnés à s’enfermer chez eux, tandis que les établissements scolaires resteront fermés jusqu’à samedi prochain.

Même les transports maritime et aérien ont été perturbés, puisque le port et l’aéroport de Béjaïa se trouvent paralysés par ces intempéries. Tous les vols programmés pour la journée d’hier ont été annulés par les responsables de l’entreprise aéroportuaire Soummam Abane-Ramdane. Dans la région de la vallée de la Soummam, notamment dans les zones rurales, l’hiver est plus rude : ni électricité, ni gaz, ni eau. C’est le cas des communes de Seddouk, Sidi-Aïch, Ouzellaguen, Chellata, Ighram, M’cisna, Chemini, Bouhamza, Ighil-Ali... Les coupures fréquentes de l’électricité étaient dues dans la plupart des cas à de chutes de lignes électriques ou de pylônes, sous le poids de la neige et par les rafales de vent.

À en croire les témoignages de certaines personnes d’un âge avancé, la région de Béjaïa n’a pas connu de pareilles chutes de neige depuis l’ère coloniale. Selon nos sources, dans la localité de Béni-Mellikeche, où quelques villages atteignent les 1 200 mètres d’altitude, l’épaisseur de la couche de neige dépasse un mètre.

Au chef-lieu de wilaya, l’heure est à la joie. Les Bougiotes, qui se sont réveillés, hier, émerveillés par le nouveau décor de leur coquette ville n’ont cessé de sillonner tout au long de la journée les artères principales, couvertes d’un manteau blanc. Si certains préfèrent se livrer à des de jets de boules de neige, d’autres personnes n’ont pas trouvé mieux que d’organiser des randonnées pédestres sur les hauteurs du mont Gouraya, en vue de s’offrir des souvenirs indélébiles en prenant des photos et des séquences vidéo.

À Boumerdès, les habitants se sont réveillés, hier, les yeux émerveillés par les quantités impressionnantes de chutes de neige qui ont recouvert le bitume et les toits des maisons. À Naciria, Bordj-Ménaïel, Boudouaou ou Boumerdès, l’ambiance est la même.

Si la neige avait fait le bonheur de certains, il n’en est pas de même pour les citoyens qui résident dans certaines localités montagneuses qui étaient confrontés, hier, durant toute la journée à des difficultés pour s’approvisionner en produits alimentaires ou en bouteilles de gaz butane du fait des routes coupées par la neige.

La vague de froid, qui a accompagné cette chute de neige, a lourdement pénalisé les écoliers de certaines communes dont les établissements ne disposent pas encore de chauffage. Tout près du siège de la wilaya, par exemple, et plus précisément au niveau de l’école Brahim-Boumerdeassi, les enfants grelottent toujours. Tous les chauffages sont en panne à l’exception de trois. Les appels incessants adressés aux autorités locales par la directrice de l’école pour leur réparation sont demeurés vains.

Par A. T./M. T./K. O., Liberté