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L’Algérie mandatée pour examiner la réforme de l’ONU

 
L’Afrique ne reste pas les bras croisés. L’Union africaine (UA) entend même se donner un autre poids, plus signifiant, à l’échelle mondiale. C’est ainsi que le continent africain, dans le cadre de la réforme globale de l’ONU, a mandaté le groupe des 15 pays membres -désignés à cet effet- pour examiner tous les aspects liés à la question.
mardi 1er février 2005.

L’Algérie fait partie de ces 15 pays qui se réuniront le 20 février au Swaziland et préparera un rapport à l’intention du Conseil exécutif de l’UA. C’est ce dernier, indique l’APS, qui soumettra les conclusions du groupe au prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement prévu en juillet prochain à Syrte (Libye).

Dans son intervention sur l’ensemble des points, particulièrement sur la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, le président algérien a mis l’accent sur l’impératif de l’unité d’action du continent africain. L’APS rappelle que, dans le cadre de l’élargissement projeté dudit conseil, une première option dite « Option A » propose de porter les membres du Conseil, de 15 actuellement, à 24 membres, dont 6 permanents. Deux membres seraient africains dans ce cas. L’« Option B », pour sa part, propose des sièges supplémentaires de membres semi-permanents élus pour quatre ans, pouvant être réélus pour deux ans. Evoquant la nécessité d’un « nouveau consensus mondial » en vue de « mettre en place un système fiable de sécurité collective », Abdelaziz Bouteflika rappelle que « l’approche B se rapproche davantage de la position que l’Afrique avait arrêtée lors du Sommet de Harare en 1997 ».

Lutter contre les pandémies
« La proposition de création d’une nouvelle catégorie de sièges avec un mandat de 4 ans renouvelable pourrait permettre de débloquer les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité. Elle répond en tout cas au souci de l’Afrique de disposer d’une représentativité adéquate comme elle semble conforme à ses traditions en faveur de la rotation dans la participation aux travaux du Conseil de sécurité. Naturellement, la réforme du Conseil de sécurité devrait également répondre à notre souci d’assurer la transparence de ses méthodes et de prévenir tout recours abusif au droit de veto. Le processus de réforme devra évidemment prendre entièrement en compte les dimensions économique, sociale, environnementale et sanitaire de la sécurité dans le monde », souligne le chef de l’Etat algérien avant de suggérer que le Comité des Quinze puisse se saisir de la question.En ce qui concerne la lutte contre les pandémies, le président algérien a mis l’accent sur la prévention. « Il est [...] plus que jamais nécessaire de redoubler d’efforts » dans la lutte contre les pandémies, précise Bouteflika en énumérant « quatre directions principales ». Financement, formation, intensification des processus de réforme des systèmes de santé dans les pays africains alors que la « priorité des priorités » reste la prévention. Par ailleurs, et au sujet du règlement des conflits, Abdelaziz Bouteflika a exprimé, dans son intervention à l’occasion de la 4ème session ordinaire de la Conférence de l’UA, sa « satisfaction pour l’Accord historique de Nairobi mettant fin au conflit dans la région sud du Soudan » et a observé que les résultats du récent sommet du Conseil de paix et de sécurité -tenu à Libreville- pour réactiver les processus de paix en Côte d’Ivoire et au Darfour et obtenir un apaisement de la tension entre la République démocratique du Congo et le Rwanda « représentent une plate-forme valable pour la paix et la sécurité » si, évidemment, toutes les parties s’y conforment « scrupuleusement et sans délai ».

Défense commune
Après l’adoption, dimanche, d’un Pacte de non-agression entre les pays de l’UA -ce texte doit définir « la philosophie générale de l’organisation de la défense commune continentale »-, il a été procédé à la réélection du président nigérian, Olusegun Obasanjo, au poste de président en exercice de l’UA pour une année supplémentaire. Si le prochain sommet ordinaire sera abrité par la Libye, tous les sommets d’étape à venir se dérouleront, eux, à Addis-Abeba, hormis celui de janvier 2006 qui se tiendra à Khartoum (Soudan). A Abuja, l’UA a entériné le parachèvement de la répartition géographique de ses institutions. Parlement africain en Afrique australe, Fonds monétaire africain dans un pays d’Afrique centrale, Banque centrale africaine abritée par un pays de l’Afrique de l’Ouest, Cour africaine de justice et celle des droits de l’Homme en Afrique de l’Est. L’Afrique du Nord aura à abriter le siège de la Banque africaine de développement. Enfin, l’UA a décidé du soutien des candidats africains aux institutions internationales (Egypte à l’Agence internationale de l’énergie atomique, île Maurice au poste de directeur général de l’OMC, Ghana et Congo aux postes de membres non permanents au Conseil de sécurité pour 2006). Les travaux du 4ème sommet de l’Union africaine, ouverts dimanche matin à Abuja, se sont poursuivis hier avec notamment à l’ordre du jour la lutte contre le sida, la résolution des conflits (RD Congo, Côte d’Ivoire, Soudan...) dans un continent qui continue de souffrir du recours aux armes, comme c’est le cas présentement dans l’enclave de Cabinda en Angola où des tentatives de parvenir à un cessez-le-feu persistent sans résultats concrets entre ceux qui prônent l’autodétermination de cette province riche en pétrole et le gouvernement de Luanda.

Par Younes Hamidouche, La Tribune