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La peur gagne le camp du clan présidentiel

L’échec cinglant d’un second mandat
 
Après sa période de dobermans lancés contre le FLN de Benflis pour faire pièce à son 8e congrès pour avoir refusé les allégeances forcées de l’ex-parti unique à un Président autoproclamé, le clan présidentiel connaît la défaite malgré les coups d’Etat répétitifs qui ont mis à genoux l’Administration et la justice jamais autant asservies avec des pratiques de gangsters avérés que sous le règne de Bouteflika.
lundi 15 mars 2004.

Le coup de grâce est venu de l’Armée qui, après l’avoir lâché dans sa démarche assassine de concorde nationale sur laquelle il ne reculait pas, s’acharnant à en faire l’ossature de sa précampagne, a défini ce qu’elle entend par « neutralité » dans l’entretien du général Lamari à la revue El Djeïch. Il n’est pas question pour l’institution de rester neutre, impartiale et observatrice comme l’ont défendu les islamistes quand les institutions de l’Etat sont menacées de mort et que le pays sombre dans le chaos si aucune force n’intervient.

Depuis l’intervention de Lamari et malgré la persistance de quelques menus comités de soutien qui continuent de s’agiter sans aucune conviction pour la cause qu’ils soutiennent, Bouteflika, à l’issue de sa dernière visite à Sétif, s’est réfugié dans un mutisme qui en dit long sur ses défaites. Zerhouni, malade, il n’aura plus le loisir de le diligenter pour quelques coups bas et ses appuis qu’il croyait sûrs l’abandonnent à trois jours de la campagne électorale. Celui qui distribuait des milliards sous les accueils fabriqués par l’ENTV n’a pas eu pour autant l’appui des populations qui l’ont accueilli à coups d’émeutes au point où ses visites ont accru la colère de jeunes Algériens qui ont brûlé les symboles d’un Etat qui n’a eu de cesse de leur faire miroiter des promesses sans conviction aucune.

Ainsi, à trois jours de l’ouverture de la campagne, ses rivaux à la présidentielle crient à la fraude cousue main par le Président-candidat. Benflis adopte un nouveau ton et se prépare à la guerre contre ce qu’incarne Bouteflika et se dit prêt à descendre dans la rue, comme les aârouch, pour barrer la route au Président-candidat. Ce dernier, après une tentative vaine d’accaparer les institutions de la République, de mettre sous sa botte l’APS, les consulats à l’étranger, de tuer la presse indépendante, connaît le sort des dictateurs qui fuient leur propre désastre, leur propre défaite.

Pour la première fois, l’Algérie refuse haut et fort le prétendant à un second mandat qui l’a insultée jusqu’à la mettre à l’heure sanglante de l’islamisme armé contre laquelle elle a eu à résister dignement, farouchement

Rachid Mokhtari , Liberté