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La situation des jeunes en Algérie

 
La population de l’Algérie est majoritairement jeune et l’Etat a du mal à répondre à leurs préoccupations.
vendredi 19 septembre 2008.

Les jeunes en Algérie. La conception de l’harmonie entre les objectifs à long terme et les besoins à court terme est telle qu’elle a incité plus d’un à s’interroger comment dans un pays comme l’Algérie qui s’emploie à alléger la crise du logement et la dépendance alimentaire à travers des programmes de développement et d’importantes enveloppes financières, trouve-t-on des jeunes qui optent pour le travail dans une administration plutôt que dans les secteurs de l’agriculture et du bâtiment où l’offre reste importante ? La remarque est certes judicieuse, appropriée même sauf qu’elle déroute par sa totale déconnexion avec la réalité en plus de son caractère strictement conjoncturel. La réalité est que nos campagnes se vident de jour en jour, de leur sève, de leur jeunesse qui préfère les faubourgs et que les « anciens », ratatinés par l’âge, n’ont plus la force de biner, de piocher et de s’arc-bouter sur une terre souvent ingrate et qui a, certes, besoin de bras. A Oran, il y a quelques mois, prenant comme prétexte la chute du Mouloudia en deuxième division, les Hamraoua ont mis la ville carrément à sac. 150 voitures ont été incendiées 170 personnes ont été blessées, parmi lesquelles une centaine de policiers, des cabines téléphoniques ont été éventrées, des magasins ont été pillés et méthodiquement razziés.

Bilan : plusieurs milliards de centimes de dégâts, 60 individus ont été arrêtés et mis sous mandat de dépôt en attendant de répondre de leurs délits devant les juges. Ces manifestants issus du plus symbolique quartier d’Oran n’étaient pas seuls, vous vous en doutez. Ils ont été aidés et soutenus par des quartiers entiers de la ville, comme St-Pierre par exemple et Sidi El-Houari. Des jeunes dans leur grande majorité... et pas nécessairement fans du MCO. Certains même n’avaient rien à voir avec le sport en général et encore moins avec le foot. Non, ce qui cristallisait leur colère autour de la bannière hamraouie c’était la « hogra ». La hogra d’un club, la hogra d’une ville, la hogra de milliers de jeunes sans espoir qui n’avaient que cette icône pour se sentir exister, qui n’avaient que cette étoile par laquelle ils pouvaient briller. Mais au-delà de ces clameurs qui ont tétanisé pendant une semaine la ville de la violence souvent gratuite qui s’est déferlée, ne faudrait-il pas voir là les signes d’un mal encore plus profond qui ronge les jeunes à savoir le désœuvrement, le chômage en Algérie, le sous-emploi et un perpétuel statut de laissés-pour-compte. Car comment décoder et décrypter le mouvement de foule qui a eu lieu au même moment mais à dix kilomètres de là, à Hassi Bounif sur la route d’Arzew sinon que ce mal est effectivement identique, partout le même ? Du reste les manifestations qui ont émaillé l’année dernière certaines villes à proximité des grands centres pétroliers et gaziers du sud du pays répondent parfaitement à ce diagnostic.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après Info Soir