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L’Algérie en quête d’institutions stables

 
L’Algérie n’a pas encore tranché la question des institutions à travers lesquelles est identifiée la nature du pouvoir et ce vingt ans après les douloureux événements d’Octobre 1988.
dimanche 5 octobre 2008.

Emeutes en Algérie. La question de la Constitution n’a pas trouvé une forme définitive qui régirait l’Algérie pour des années durant de manière stable, comme il est de notoriété dans de nombreux pays ayant opté pour le système démocratique. Qualifiés de « chahut de gamins », les événements d’Octobre 1988 ont fini par remodeler aussi bien les mentalités, les réflexes que le paysage politique algérien ayant subi depuis l’indépendance en 1962 un ostracisme dicté par le choix pris par une majorité des dirigeants de la Révolution (1954-62). Ils avaient donné lieu à la promulgation, après un assentiment populaire, de la Constitution du 23 février 1989 qualifiée par les juristes et les politologues comme le texte fondateur post-88 le plus libéral. Elle traduisait une revendication populaire à laquelle ont souscrit toutes les mouvances de l’opposition, quelle qu’elles étaient leurs obédiences idéologiques. Cette première loi fondamentale pluraliste n’a pas manqué de conduire à des dérapages, compte tenu du fait que la carte politique qui s’en est suivie avait débouché sur une grave crise politique en Algérie. La victoire du Front islamique du salut (Fis-dissous) au premier tour des élections législatives de décembre 1991 a plongé le pays dans une effroyable décennie de violence. La démission forcée du président Chadli Bendjedid, artisan de la Constitution de 1989, suivie par l’interruption du processus électoral, puis la création du haut comité d’Etat, une sorte de présidence collégiale, ont montré qu’une Constitution adoubait par une majorité d’Algériens ne pouvait survivre aux tiraillements au sommet.

La mise au placard de la Constitution de 1989 par l’instauration de l’état d’urgence en 1992 et la réduction comme une peau de chagrin des libertés publiques ont conduit à une nouvelle Constitution en Algérie en 1996 sous la présidence de Liamine Zeroual. Les postulats qui ont présidé à l’émergence d’une Constitution dite pluraliste ont été remis en cause lors d’une conférence nationale convoquée en 1996 par l’Etat. Mettant sous la trappe toute affiliation à la religion, le texte de 1996 a gommé d’un trait les partis dits religieux et barré aussi la route à toutes les ambitions politiques sous le paravent de l’islam. Même si cette deuxième Constitution a réglé un problème d’ordre politique, elle n’a pas pour autant défini le problème soulevé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à savoir celui des attributions de la présidence en tant qu’institution et les prérogatives d’un chef de l’Etat en tant que premier magistrat du pays. Elle est donc renvoyée au labo pour une nouvelle révision. Dès lors, après deux décennies, l’Algérie se cherche toujours une Constitution et n’arrive pas, par conséquent, à se fixer un schéma institutionnel définitif, à l’image des pays dont le model démocratique est cité en référence par nos hommes politiques.

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant