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Le patron des carabiniers italiens chez Bousteila

 
Le premier responsable des carabiniers italiens, le général de corps d’armée Luciano Gottardo, commandant général de l’armée des carabiniers, sera l’hôte de l’Algérie pour un séjour du 20 au 22 février.
jeudi 17 février 2005.

A l’invitation du général Bousteila, commandant de la gendarmerie nationale, le chef de l’un des plus efficaces corps de lutte contre la criminalité dans le monde, de par la durée de sa visite qui est une première, aura un premier contact avec ses homologues de la GN qui placent d’emblée cette ébauche de coopération sous le signe du dialogue.

Les différentes formes de criminalité, ses mutations et l’extension des champs d’intervention des criminels font qu’aujourd’hui aucune frontière ne résiste et n’existe pour eux. Les Italiens ont une riche expérience dans le domaine de la lutte. Particulièrement ces dernières années où l’Italie est devenue une plaque tournante des divers trafics internationaux d’une part, et la première « gare » de l’immigration clandestine à destination de l’Europe. Drogue, crime organisé, trafic de voitures, immigration clandestine, trafic de cigarettes... autant de dossiers qui, désormais, se sont internationalisés et pour lesquels la lutte implique impérativement une coopération et une coordination entre les différents services des pays concernés. En la matière, les carabiniers italiens ont pris une longueur d’avance. Le corps est présent non seulement sur le front de la lutte contre la criminalité locale, de type maffieux, mais aussi au niveau international.

On le trouve en effet, dans le cadre des conventions bilatérales, partout en Europe, au Moyen-Orient (Qatar) et même en Amérique latine. Il intervient également pour le compte de Europol et pour le service de l’OTAN.

Concernant l’Algérie, « ce sera le début d’une coopération dans la lutte contre les phénomènes criminels transnationaux », indique-t-on du côté de la gendarmerie nationale. Il s’agit surtout de l’échange d’informations opérationnelles, cet important instrument dans toute opération de lutte. Les carabiniers italiens sont intéressés par la capacité opérationnelle de la gendarmerie qui maîtrise les connaissances aussi bien sur l’immigration clandestine venant de la Libye, les réseaux de trafic de voitures transitant par la Tunisie ou encore le trafic de drogue.

Il s’agira éventuellement lors de cette prise de contact, qui n’est en fait pas une première en soi, de définir les mécanismes de cette coopération ou coordination de la lutte ainsi que de leur réglementation. En effet, des contacts existaient avant entre les deux corps de sécurité avant qu’ils soient rompus durant la décennie de terrorisme. Il était question, à l’époque, que les corps d’élite des forces de sécurité algériennes fassent des recyclages opérationnels dans des académies italiennes.

Ce retour s’inscrit en outre dans une sorte d’élargissement des relations entre les deux pays à tous les niveaux. Premier client de l’Algérie, l’Italie ambitionne d’en devenir le premier fournisseur également. Dans ce domaine précis, elle s’intéresse à l’armement, ANP et police, la formation des éléments des services de sécurité. L’utilisation des nouvelles technologies, le recrutement et le renseignement sont des créneaux où les Italiens ont fait leurs preuves et continuent de le faire. D’ailleurs, l’intérêt de la marine de guerre italienne pour des manoeuvres communes en Méditerranée orientale est vivace.

Les carabiniers sont historiquement le corps le plus ancien qui a connu une mutation depuis le XIXe siècle. Une expérience dont la gendarmerie nationale aura à tirer profit d’autant plus qu’elle s’inscrit, elle aussi, dans une politique de spécialisation et de modernisation tant au niveau des techniques que de ses moyens, des facteurs dictés par les nouvelles menaces criminelles. Des perspectives nouvelles s’ouvrent ainsi dans le domaine de la lutte contre toutes les formes de criminalité entre les deux pays qu’une relation privilégiée lie déjà.

Par Djilali B, Le Quotidien d’Oran