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Ecole Normale Supérieure : Grève illimitée

Les étudiants contestent les diplômes qui leur sont délivrés
 
Les étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) des quatre établissements nationaux (Kouba, Bouzaréah, Oran et Constantine) sont en grève illimitée depuis mardi passé
lundi 15 mars 2004.

Alors qu’ils sont en période des examens, les étudiants de l’ENS de Kouba refusent de mettre fin à leur grève malgré les pressions exercées sur eux par l’administration pour les convaincre de passer les examens et de voir par la suite la plate-forme de leurs revendications.

Un important dispositif sécuritaire a été placé hier devant l’ENS de Kouba pour empêcher les étudiants, qui ont organisé un rassemblement dans l’enceinte de l’établissement, de sortir dans la rue. Il faut rappeler que la veille, les étudiants de Bouzaréah ont été empêchés de tenir une marche qu’ils ont prévue pour manifester leur colère. Les étudiants soulèvent cette fois-ci un véritable problème pédagogique essentiellement lié au diplôme de fin d’études. Selon des étudiants rencontrés hier à l’école de Kouba, les diplômes de l’ENS ne sont pas reconnus par le ministère de l’Education, puisque c’est avec ce secteur que les contrats de travail sont signés par le ministère de l’Enseignement supérieur pour le recrutement des licenciés de l’ENS dans l’enseignement moyen et secondaire. « Nous ne bénéficions pas de diplômes en bonne et due forme, on est des pseudo-enseignants, pas plus », a déclaré un étudiant en 4e année.

Ce dernier commence effectivement à s’inquiéter pour son avenir après l’obtention de la licence. « Après quatre ou cinq années de travail et d’effort, on se retrouve avec un carton où il est clairement inscrit "licence d’enseignement, option PES ou PEF" ». C’est-à-dire que les licenciés de l’ENS sont affectés directement soit à l’enseignement secondaire, soit au fondamental. Contrairement aux déclarations des étudiants qui font état de la non-reconnaissance de ces diplômes par les Directions de l’éducation, un responsable du ministère de l’Education nous a expliqué que cette précision « option » introduite dans les diplômes de licence d’enseignement ouvre plus le champ aux diplômés de l’ENS de s’intégrer dans le secteur de l’enseignement. Notre interlocuteur tient à préciser, par ailleurs, que ces dernières années avec la décision de régularisation des vacataires, les postes budgétaires affectés aux licenciés de l’ENS ont été réduits.

« C’est la raison pour laquelle ces diplômés sont encore au chômage, malgré les contrats qui les engagent avec le ministère de l’Education », dit-il avant d’ajouter : « C’est une situation qui va bientôt se régler, les décisions d’affectation de ces diplômés sont en cours d’établissement. » Pour revenir aux revendications des étudiants, ces derniers demandent également que le concours de magistère pour les étudiants de l’ENS soit élargi aux différentes universités du pays au lieu d’être limité uniquement à l’ENS. En outre, les étudiants concernés par le service national espèrent revoir avec l’administration de l’école les contrats d’affectation qui sont d’une durée de validation d’un mois uniquement.

Afin de mettre fin à cette grève qui risque de perdurer, une réunion de travail a regroupé hier des responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, celui de l’Education et les directeurs des quatre écoles afin d’étudier les différents points de la plate-forme de revendications des étudiants.

Rosa Mansouri, Le Matin