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Pas de limitation de mandats présidentiels en Algérie

 
La réforme de la constitution en Algérie permettra de supprimer le nombre de mandats présidentiels.
mardi 4 novembre 2008.

mandats présidentiels illimités en Algérie. Le Parlement a donné instruction à ses membres de ne pas se déplacer à l’étranger d’ici au 15 novembre prochain. Ce qui laisse présager que l’adoption de la Constitution amendée en Algérie pourrait intervenir juste avant cette date. Si le Conseil des ministres a planché hier sur la Constitution dans sa nouvelle version, le suspense sera encore reconduit à propos des changements que la loi suprême aura à subir. L’on s’interroge avec insistance sur ce que voudrait faire le chef de l’Etat de l’article 74 limitant les mandats présidentiels en Algérie à deux quinquennats. Bouteflika a dit vouloir amender cette disposition pour « permettre au peuple d’exercer son droit légitime à choisir ses gouvernants et à leur renouveler sa confiance en toute souveraineté, tant il est vrai que nul n’a le droit de limiter la liberté du peuple dans l’expression de sa volonté, car la relation entre le gouvernant élu et le citoyen électeur est une relation de confiance profonde, réciproque, basée sur le choix populaire, libre et convaincu ». A suivre cette logique, le justificatif du Président n’aurait eu un semblant de « bon » sens que si le peuple avait eu à choisir « son homme » par voix référendaire, c’est-à-dire par l’urne. Encore faut-il que l’urne ne soit pas manipulée par une machine électorale comme celle que l’actuel chef du gouvernement a déjà affirmé être prêt à mettre au service du président-candidat. La pratique n’est pas nouvelle. Mais ceci est une question de culture démocratique que le personnel politique national n’a pas.

Parce que tout autant que l’alternance au pouvoir, la démocratie est définie par les effets de pulsions qui ressemblent étroitement à celles qui poussent aujourd’hui à amender la Constitution dans l’urgence. « La véritable alternance au pouvoir émane du libre choix du peuple lui-même, lorsqu’il est consulté en toute démocratie et en toute transparence au travers d’élections libres et pluralistes. Au peuple et au peuple seul revient le pouvoir de décision ». Ces deux phrases à elles seules expliquent l’indigence de l’acte politique, tellement leur teneur ne correspond nullement aux réalités du monde moderne. L’on se demande pourquoi le Président se sent-il obligé d’amender sous le coup de l’urgence un texte aussi lourd en importance que la Constitution de l’Algérie, quand on sait que la seule urgence exprimée bafoue en même temps la liberté du peuple de faire ses choix politiques, le prive de son droit de décision et désagrège le sens réel de la démocratie et de l’alternance au pouvoir. Le secrétaire général du FLN montre en tout cas que les choses vont bien dans ce sens et uniquement dans ce sens, lorsqu’il affirme qu’une révision profonde de la Constitution se fera par voie référendaire durant le troisième mandat présidentiel. Des propos qui décourageraient les candidats les plus téméraires, même ceux qui savent que leur rôle est de n’être que lièvre. Mais l’on sait que seule la règle de la courtisanerie au pouvoir en place sera toujours confirmée par l’acceptation par des candidats de briguer juste la candidature et crédibiliser la prochaine élection présidentielle en Algérie. Et bien que l’on ne sache pas encore si l’option de l’amendement de l’article 74 reconduit le quinquennat, vise un septennat ou carrément une présidence à vie, on sait en tout cas au moins que le Président veut aujourd’hui une Constitution qui lui permettra de se (r)asseoir pendant d’autres années et de réfléchir à sa révision, celle-là profonde et par voie référendaire, comme déjà annoncé par Belkhadem.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après Le Quotidien d’Oran