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Meeting de Soltani à Tizi-Ouzou

Sous haute protection policère
 
C’est sous la protection de la police, appelée en grand renfort, qu’Abou Djerra Soltani, président du MSP, un parti membre de l’alliance présidentielle, a tenu hier son meeting à la salle Saïd-Tazrout de Tizi Ouzou.
mardi 16 mars 2004.

Les hommes de Zerhouni sont intervenus pour disperser les jeunes qui voulaient empêcher la tenue de la manifestation et forcer les délégués du mouvement citoyen à quitter la salle. Les militants et sympathisants des aârouch, dissuadés par l’impressionnant dispositif de sécurité, ont dû se disperser après avoir tenté de réagir en usant de jets de pierres et autres projectiles. Le calme rétabli, la rencontre prévue à 14 h a débuté à 15 h 30 environ.

Devant quelques dizaines de personnes recrutées dans les cercles favorables à Bouteflika, mais aussi dans la police, Soltani a développé un discours truffé de démagogie et de contrevérités. Offusqués, les aârouch ont rendu publique une déclaration où ils soulignaient que « les terroristes de Hamas ont tenu un meeting-show à la salle Saïd-Tazrout de Tizi Ouzou, malgré la farouche résistance et le refus des délégués et des citoyens présents sur place avec la complicité de plusieurs comités de soutien à Bouteflika ». Car il y avait parmi les « invités » des militants de l’UDR de Amara Benyounès et des redresseurs du FLN.

Les organisateurs de la rencontre ont recouru au traditionnel procédé de déplacer les citoyens des autres régions pour « meubler » la salle. En effet, des bus immatriculés dans la wilaya de Boumerdès (35) déposaient des citoyens dans les alentours de la salle. « Tout en dénonçant les énergumènes de Hamas et des comités dits de soutien, la CADC réaffirme sa décision de rejeter les élections de la honte et barrer la route aux charlatans qui, avec des moyens financiers énormes, sont en train de prêter allégeance à Bouteflika, et appelle la population à plus de vigilance dans ces moments de grande manuvre », lit-on dans le document émis hier par la présidence tournante de la CADC. Les aârouch de Tizi Ouzou, qui parlent de blessés parmi leurs militants et sympathisants présents hier aux alentours de la salle Saïd-Tazrout, dénoncent « la police de Zerhouni qui, présente en force pour remplir la salle, s’est prise avec une rare violence aux délégués et aux citoyens venus empêcher ceux qui ont osé souiller la mémoire de Matoub Lounès ».

A rappeler que le ministre de la Santé, en visite de « travail et d’inspection » il y a une dizaine de jours à Tigzirt et Larbaâ Nath Irathen, a été chassé de ces localités par les militants et sympathisants des aârouch. Une conférence du RCD, que devaient animer Mouloud Lounaouci et Noredine Aït Hamouda à Souk El Had (Timizart), le week-end dernier, a été empêchée par les aârouch. Une autre conférence du FFS a connu le même sort à Tizi Rached il y a quinze jours.

Au demeurant, tout indique que la Kabylie ne s’intéresse point à la prochaine présidentielle. Même du côté de l’Administration et des partis engagés dans la « compétition », on note aucune manifestation qui indique qu’un rendez-vous aussi important soit imminent. Les panneaux d’affichage qu’on se précipitait, traditionnellement, à installer ne sont pas placés. Les programmes d’action des candidats ne sont pas rendus publics, et les dates de sortie des candidats dans la région ne sont pas encore communiquées.

On soutient toutefois dans les milieux initiés que seules les sorties du clan présidentiel bénéficieront d’une haute surveillance et protection policières. A l’image de celle d’hier.

Kamel Omar, Le Matin