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La Kabylie a boudé l’élection présidentielle en Algérie

 
Les deux principales wilayas de la Kabylie ont enregistré des taux de participation à l’élection présidentielle très inférieurs à la moyenne nationale.
samedi 11 avril 2009.

Le vote présidentiel en Kabylie en Algérie. Ainsi donc, la majorité des Algériens qui se sont dirigés jeudi dernier aux bureaux de vote, a décidé de réélire Abdelaziz Bouteflika président de l’Algérie, et ce pour la troisième fois. L’enjeu central de ce rendez-vous électoral était sans nul doute, le taux de participation ou d’abstention, c’est selon. La deuxième jauge était la réaction des électeurs de Kabylie face à ce scrutin présidentiel. Il faut dire que le succès de la virée du candidat Bouteflika dans la région a poussé les partisans du boycott à réagir vivement et par n’importe quel moyen. De l’insulte et de l’invective du premier secrétaire du FFS à l’égard du directeur de campagne de Bouteflika à Tizi-Ouzou, jusqu’au scandale de substitution de l’emblème national par un chiffon noir au siège du RCD. Après avoir constaté l’accueil reservé par la population de la région à Bouteflika, les boycotteurs avaient compris que les choses changeaient et qu’une mutation s’opérait devant leurs yeux. Mutations qu’ils n’ont ni vu venir ni jugulées ou contenues. Ce changement qui n’a pas fini son processus est dû à plusieurs facteurs. Les partis politiques classiques, à savoir le FFS et le RCD, utilisent des référents immuables, dans leurs discours qui n’interpellent plus la jeunesse kabyle. Cette dernière qui a payé un lourd tribut durant sa révolte du Printemps noir de 2001, ne comprend toujours pas son éternelle mise sous tutelle, et le paternalisme des deux partis envers elles.

L’abandon de toute forme d’organisation efficace et identifiée, et la naissance d’une nébuleuse dénommée “Mouvement citoyen” ou “aârch”. Cette dernière a non seulement ignoré les partis traditionnels, mais a géré la révolte et la colère de la région, et a su aller au dialogue avec les pouvoirs publics- S’il est vrai que le staff des aârchs s’est peu a peu éloigné de la base, cette dernière a gardé ses espoirs intacts en des jours meilleurs. Trop contents de voir les “aârchs” usés et éteints, les partis ont tourné le dos aux animateurs du Mouvement citoyens et à la population. Cette jeunesse de Kabylie désillusionnée par les “âarchs”, non reconnue par les partis et fatiguée d’être sollicitée à chaque échéance pour servir de chair à canon et tenir le rôle de pions que des mains manipulent sans scrupules, a fini par comprendre que son émancipation ne viendrait que par le truchement de forces nouvelles dans la région. Des forces qui aspirent au développement de la Kabylie, à créer de l’emploi, à construire des logements, à remettre la région sur les rails de la prospérité, de la paix et de la sérénité.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après La Dépêche de Kabylie