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L’amnistie générale n’est plus tabou en Algérie

 
Les partisans de l’amnistie générale des terroristes en Algérie affirment qu’elle est l’aboutissement logique de la réconciliation nationale.
mercredi 15 avril 2009.

Bouteflika favorable à une amnistie générale en Algérie. Plusieurs acteurs politiques ont été unanimes à considérer que « l’amnistie générale en Algérie est l’aboutissement logique de la réconciliation nationale ». « Si une telle option est nécessaire au rétablissement définitif de la stabilité et de la paix dans le pays, elle est la bienvenue », se sont-ils accordés à dire en substance. Saïd Bouhadja, qui a préféré se prononcer à titre personnel sans engager le FLN dont il est pourtant le chargé de communication, s’est montré très mesuré sur ce sujet qu’il considère très épineux. « A l’heure actuelle, l’amnistie générale est une question très dangereuse et une responsabilité très, très lourde », a-t-il affirmé tout en affichant sa crainte quant à « des réactions inconsidérées de la part des victimes directes du terrorisme ». Bouhadja pense que « le président Bouteflika n’a évoqué cette question au cours de sa campagne électorale que pour contrecarrer l’action de certains acteurs politiques qui voulaient instrumentaliser cette question pour consolider leur position électorale », citant notamment le candidat Djahid Younsi qui a fait de l’amnistie générale le cheval de bataille de sa campagne. Comme l’a expliqué Bouteflika, Bouhadja affirme que l’amnistie générale ne peut être envisagée sans l’avis du peuple et avant le traitement de toutes les conséquences de la tragédie nationale ».

Pour une éventuelle amnistie pour les autres catégories des crimes commis en Algérie, notamment économiques, Bouhadja estime que le Président est assez légitime pour prendre une telle décision sans s’en remettre au peuple. M. Chiheb Seddik, membre du RND, pense que, « dans tous les cas, la réconciliation nationale doit être promue en projet de société civilisationnel », arguant que, « fatalement, nous devrons bien nous réconcilier un jour ». Il a indiqué que « la réconciliation nationale ne devra pas se limiter au traitement des questions inhérentes à la tragédie nationale, mais prendre en charge l’ensemble des dysfonctionnements de la société par une reconsidération du système de gouvernance en Algérie, particulièrement la gouvernance locale qui, aujourd’hui se trouve être le maillon faible de la gouvernance ». Hormis cela, M. Chiheb pense qu’« il ne faut pas confondre l’amnistie générale purement politique avec l’amnistie économique ou historique », affichant son opposition farouche à une éventuelle amnistie qui concernerait « les affairistes et autres beggara qui ont profité de l’affaiblissement de l’Etat durant la tragédie nationale pour dilapider des biens, ou encore les harkis », coupables de haute trahison. Un avis exprimé également par Djamel Benabdesselam, directeur de campagne de Djahid Younsi lors de la récente présidentielle, qui est contre « l’amnistie pour les harkis et les pieds-noirs ».

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant