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Le FFS rejette le projet de loi sur les hydrocarbures

 
Colère et consternation. Les membres du secrétariat national du Front des forces sociales (FFS) ont clairement exposé, au cours d’une conférence de presse, animée hier, leur refus du projet de loi sur les hydrocarbures ainsi que leur consternation devant la tenue d’élections partielles annoncée récemment par le chef du gouvernement.
dimanche 20 mars 2005.

A l’occasion du vote de la loi sur les hydrocarbures à l’APN, le premier secrétaire national M. Ali Laskri et le porte-parole du FFS, M. Karim Tabbou qualifient de « criminel » le fait de faire passer ce texte de loi sans aucun débat et de « jouer l’avenir de notre pays de la sorte ».

Pour eux, « l’actuel texte portant projet de loi sur les hydrocarbures est une véritable bombe à retardement qui menace d’exploser dans le ciel déjà sombre de l’économie nationale ». Le porte-parole du plus vieux parti de l’opposition ne mâche pas ses mots en disant que « les termes de l’avant-projet de loi sont les pires que l’on puisse imaginer du point de vue de l’intérêt national ». Sur un ton alarmiste, les membres du FFS soutiennent mordicus que « cet avant-projet est basé sur le système fiscal anglais qui a vu, en 10 ans, l’effondrement des recettes fiscales dans ce pays (...) C’est dire si ce système risque avec la baisse considérable des revenus pétroliers de voir s’effondrer, non seulement les recettes fiscales mais tout le fonctionnement d’un pays ». Et d’ajouter : « en faisant passer la part de l’Etat de 95% à moins de 80%, en ne tenant pas compte de la concurrence régionale, en ignorant les risques de non-rentabilité des investissements internationaux de Sonatrach, cet avant-projet consacre la ruine de cette entreprise et dépossède l’Etat et le peuple algérien de la seule ressource dont ils disposent ». En clair, les membres du FFS estiment que cet avant-projet est une « grave dérive » de l’Etat et regrettent que le peuple algérien ne soit pas suffisamment informé. Ils demandent ainsi une « expertise nationale et internationale des richesses de l’Algérie en hydrocarbures » car, disent-ils, « les pouvoirs publics tentent de faire croire à une sous-exploitation des ressources nationales, assertion qui ne tient pas compte de l’immense potentiel des gisements actuels ».

Le secrétariat national du FFS est également opposé à l’opération de privatisation de plus d’un millier d’entreprises du secteur public.

La démarche de privatisation pourrait, selon eux, être assimilée à « un bradage irresponsable et sans discernement de l’économie nationale ». Dans cette optique, le FFS appelle « les travailleurs de chaque entreprise concernée et leurs syndicats à s’organiser pour empêcher la liquidation de leur outil de production et de leur emploi ». Les membres du FFS lancent également un appel « aux autorités qui exercent actuellement le pouvoir en vue de ne pas désengager l’Etat de ses responsabilités dans le secteur économique, de ne pas déposséder le pays d’un secteur public assaini et d’une base industrielle modernisée, seule à même de valoriser nos matières premières tout en s’appuyant sur une PMI largement ouverte au secteur privé ».

L’autre sujet abordé par les membres du secrétariat national du FFS concerne les élections partielles en Kabylie, évoquées par le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, lors de sa précédente conférence de presse.

Ainsi, disent les conférenciers, les membres du FFS acceptent la demande de dialogue formulée par M. Ouyahia mais ils tiennent à poser leurs conditions.

Le FFS veut surtout se démarquer de l’organisation des ârouch. Car si ces derniers négocient « dans les coulisses » -selon l’expression des conférenciers-, les membres du FFS, eux, « exigent » que les débats soient retransmis en direct à la télévision et que l’ordre du jour, le lieu et les objectifs soient arrêtés d’un commun accord. « Nous défions Ouyahia d’accepter de négocier avec nous devant le peuple algérien en direct, à la télévision », lancent-ils.

Par ailleurs, les conférenciers considèrent qu’une dissolution des APC par décret présidentiel serait un acte « arbitraire et illégal ». « Avec cette décision, ils démontreront que les dirigeants ne respectent pas les lois qu’ils ont, eux-mêmes promulguées. L’acte de dissolution est une atteinte aux droits des citoyens et aux droits de l’Homme », plaide M. Tabbou.

Cependant les représentants des ârouch ne veulent pas encore se prononcer sur leur participation dans les élections partielles. « Nous avons encore le temps pour trancher sur cette question », souligne-t-on.

Quant aux ârouch, les membres du FFS ne veulent même pas les nommer. « Je ne prononcerai jamais ce nom car il est trop grand pour cette organisation illégale », lâche M. Laskri. Pour les conférenciers, l’annonce de l’institution du week-end universel par Belaïd Abrika est symptomatique du jeu entamé par le pouvoir. « Ils ont trouvé dans cette organisation des gens dociles et ils leur accordent des dons sous forme d’acquis pour s’acheter une petite crédibilité », analysent-ils.

Par Amel Blidi, quotidien-oran.com