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La Kabylie sous haute tension

A Deux jours de la campagne électorale
 
Les archs dialoguistes appellent à une grève le jour de l’ouverture de la campagne électorale. Les délégués de la CADC et les commerçants disent non.
mercredi 17 mars 2004.

Divisée entre ceux qui prônent l’option de rejet de l’élection et ceux qui appellent à une participation massive au scrutin, la Kabylie, qui est déjà sous haute tension, risque de vivre encore, à partir de demain, jour du début officiel de la campagne électorale pour la présidentielle, une situation inédite qui n’exclut ni dérapage ni affrontement sur le terrain entre les différentes parties qui se montrent, chacune de son côté, déterminée et surtout intransigeante.

Pour marquer la première journée de cette campagne électorale, I’aile dialoguiste de la CADC de Tizi Ouzou a appelé à une journée de grève générale et un meeting populaire dans le chef-lieu de Tizi Ouzou. Cette action qui se veut un début de la concrétisation du plan d’action antivote et aussi une manière pour démontrer l’adhésion de la population à l’option de rejet de l’élection est d’ores et déjà rejetée par une partie importante de la Kabylie. Réagissant à cet appel à la grève, I’aile non-dialoguiste des archs, qui a lancé le week-end dernier un appel à la population afin de voter massivement contre le président-candidat Bouteflika, a lancé, hier, un autre appel aux commerçants les invitant à “ouvrir normalement leurs magasins” et les assure de “son soutien agissant contre toute tentative d’intimidation”.

Pour sa part, I’Association des commerçants de Tizi Ouzou (ACT) a rendu publique, dans la même journée d’hier, une déclaration où elle se dit “non concernée par cet appel à la grève du jeudi 18 mars”. Pour cette association, “les initiateurs de cet appel n’ont pas pris le soin de consulter, ni d’associer les principaux concernés, à savoir les représentants des commerçants”. ce qui s’apparente, selon les termes de la déclaration, “à un manque de considération envers les commerçants qui ont payé un lourd tribut depuis au moins trois années”. Une autre déclaration a été rendue publique également, par les trois coordinations des Ouadhias, Mechtras et Aïn Zaouia qui ont décidé, récemment, de quitter l’aile non-dialoguiste des archs.

À travers leur déclaration, ces trois coordinations dénoncent l’appel à la grève qui n’est dicté, selon eux, “par aucune circonstance ou enjeu sérieux si ce n’est celui de tester leur crédit s’il en reste un peu auprès des citoyens”. Les formations politiques concernées par la campagne électorale sont convaincues de l’adhésion de la population à l’option de la participation au scrutin, semblent être, elles aussi, confiantes et déterminées à affronter l’épreuve du terrain en décidant de multiplier les sorties sur le terrain.

Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) qui se dit préoccupé par la gravité de la situation qui prévaut en Kabylie, a lancé un appel aux citoyens les invitant à faire preuve de vigilance et à ne pas s’inscrire dans la logique de confrontation. à travers son appel, le MAK, qui estime que la Kabylie est la citadelle de la démocratie, interpelle tous les acteurs politiques de la région à intervenir dans la compétition avec un esprit de tolérance et de respect de la pluralité, qui feront la fierté de la région et l’assurance démocratique.

Samir Leslous, Liberté