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Bouteflika prépare le terrain à l’amnistie générale en Algérie

 
Le président Abdelaziz Bouteflika pourrait annoncer la mise en place de l’amnistie générale en Algérie dans les prochains mois.
vendredi 21 août 2009.

Bouteflika prépare le terrain à l'amnistie générale en Algérie. Si le premier mandat du président Abdelaziz Bouteflika a été celui de la concorde civile en algérie et le deuxième celui de la moussalaha, tout porte à croire que le troisième sera placé sous le signe de l’amnistie générale, un projet qui avait constitué, du reste, un de ses thèmes de campagne, même si le président-candidat s’était gardé de lui faire trop de publicité. Dans un long message à la Nation dont le prétexte était la célébration du 53e anniversaire du congrès de la Soummam et qui a été lu en son nom par Abdelaziz Belkhadem, en qualité de ministre d’Etat et son représentant personnel, le chef de l’Etat s’est longuement appesanti sur le traitement politique qu’il entend réserver à ce dossier ô combien préoccupant. « Le terrorisme aveugle qui tue au nom de l’Islam au moyen de pratiques destructrices et de terreur n’a ni foi ni loi », dénonce-t-il d’emblée. Persistant dans sa politique de la carotte et du bâton, Bouteflika brandit « le choix du peuple » pour lancer un énième appel à « la paix des braves » aux irréductibles de l’ex-GSPC (Al Qaïda au Maghreb islamique) : « Les choix stratégiques que le peuple a adoptés à travers le scrutin universel ou par la représentation parlementaire en tant que convictions communes traduisent l’unité du peuple », souligne-t-il, avant de poursuivre : « Nous comptons bien concrétiser ces choix en maintenant notamment les mesures de réconciliation nationale comme une des bases sous-tendant l’édification de la paix et de la stabilité en Algérie. »

Et de jouer de nouveau les prolongations avec les terroristes dans l’espoir de les avoir à l’usure et d’avoir raison de leur idéologie macabre par les sentiments : « Il s’agit pour nous de réunir les conditions propices au développement en donnant une chance à ceux qui se sont égarés pour s’être trompés de repères religieux ou pour avoir été trompés par des mercenaires qui professent le crime organisé et la destruction de la société algérienne pour des raisons aussi abjectes que douteuses. » La politique de « la main tendue » demeure ainsi l’élément-clé de la stratégie sécuritaire présidentielle : « L’État a tendu la main à cette catégorie d’égarés en leur offrant la chance de revenir au droit chemin et de réintégrer le peuple pour bénéficier des mesures de la concorde civile et de la réconciliation nationale. Cette main est encore tendue compte tenu des convictions religieuses de notre peuple, de ses responsabilités historiques et ses choix stratégiques. » Certes, le mot « amnistie » n’est à aucun moment invoqué. Pourtant, cette « munificence » présidentielle, on le voit bien, n’est pas loin de se transformer en amnistie générale en Algérie tant les autres possibilités sémantiques d’une telle disponibilité ont toutes été épuisées, du wiam à la moussalaha en passant par la grâce amnistiante. De l’avis de tous les observateurs, Bouteflika voudrait jouer le tout pour le tout avec les grosses organisations terroristes en cavale, le GSPC en tête. Le chef de l’Etat revient toutefois accabler les fanatiques djihadistes en rappelant la détermination des services de sécurité à mener jusqu’au bout la lutte antiterroriste : « L’État reste fermement déterminé à faire face, avec toute la rigueur qui s’impose, à ceux qui ont dévié du chemin tracé par la nation, ceux-là mêmes qui refusent la main tendue en déniant à la nation le droit de vivre dans la sécurité et la quiétude et empruntent les voies de la désobéissance et du crime. »

Synthèse de Samir, www.algerie-dz.com
D’après El Watan