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Conformité des sacs en plastique

 
En Algérie, l’usage de certains matériaux et substances chimiques inadaptés pour la fabrication des sachets en plastique, destinés au transport des denrées alimentaires, pose un sérieux problème de santé publique.
mardi 22 mars 2005.

Pis, jetés après usage, les sacs en plastique (surtout noirs) pullulent dans l’atmosphère et nuisent à l’environnement du fait de leur critère de non- biodégradabilité. C’est là une problématique à laquelle les pouvoirs publics tentent de répondre en mettant en place une nouvelle réglementation pour « le contrôle de la conformité des sacs en plastique destinés à être mis au contact des aliments ».

Cette réglementation ne vise pas, comme le souligne une source crédible, « à interdire la fabrication des sachets en plastique », mais « à définir les modalités de la conformité des matériaux, additifs et substances employés dans leur fabrication ainsi que les caractéristiques physiques et mécaniques de ces produits ». « On a normalisé la fabrication des sacs en plastique destinés à contenir des aliments », souligne notre source. Cela d’autant que, selon des analyses toxicologiques effectuées par le laboratoire d’assistance à la qualité, il est établi que certains sachets fabriqués par certains producteurs algériens ne sont pas conformes. Ces sachets contiennent en fait de l’arsenic qui est toxique.

Ainsi, la nouvelle procédure, selon un arrêté interministériel (ministères de l’Environnement, de la Santé, du Commerce et de l’Industrie), exige des producteurs de fabriquer des sacs en plastique exclusivement à partir de la matière première vierge de propylène non recyclé, non régénéré, non déclassé et destiné à la production de film pour contact alimentaire.

Interdiction de rajout de pigments

Dans ce cadre, il est recommandé, selon le règlement technique (RTA) établi dans ce sens, l’utilisation de certains monomères (éthylène, hexène, isobutène, ...) en fonction de leur limite de migration spécifique dans la denrée alimentaire. Outre ceci, le sac en plastique, selon notre source, doit satisfaire aux « caractéristiques physiques et mécaniques ».

La nouvelle réglementation interdit aux fabricants le rajout de pigments en vue d’augmenter l’opacité du sac, à l’exception de dioxyde de titane. L’irradiation et le traitement par ionisation pour les produits finis sont à éviter. De même que les encres utilisées pour l’impression de motifs, de mentions ou de sigles sur les sacs en plastique ne doivent pas comporter de substances à base de cadmium, de plomb, de chrome VI, de mercure et d’arsenic. Par ailleurs, aux yeux de notre interlocuteur, les fabricants sont tenus à mettre la mention « alimentarité » sur leur sac et faire figurer les précautions d’usage, notamment lors de la manipulation par des enfants. A défaut, selon notre source, les contrevenants sont passibles de sanctions et de mesures conservatoires.

En tout état de cause, le ministère de l’Environnement souhaite, toujours selon notre source, une démarche concertée avec les producteurs pour mettre fin à la polémique. « Nous voulons, a-t-il dit, en faire des partenaires professionnels dans le métier qui nous aident aussi à faire des choses réglementaires répondant aux normes. » Notre source avance que lors de la réunion qui s’était tenue dernièrement entre la tutelle et les fabricants, « il en est sorti une conviction mutuelle qu’on ne peut pas laisser la fabrication de ces sachets sans règles ». Le ministère, selon lui, a examiné les propositions des fabricants concernant notamment le moratoire et les difficultés du marquage et certaines modalités techniques mais sans mettre en cause la législation.

Par Rabah Beldjenna, elwatan.com