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Benbouzid retire le livre scolaire aux privés

Le ministre fait le bilan du secteur de l’éducation
 
Le ministre de l’Education nationale, Aboubakr Benbouzid, a confirmé hier, en marge du séminaire organisé à l’Institut technologique de l’éducation et portant sur l’évaluation des activités du secteur de l’éducation nationale durant la période 1999-2003, l’information sur le retrait de l’édition des livres scolaires aux privés.
lundi 1er mars 2004.

Interrogé sur les raisons qui ont motivé ce retrait, notamment après la participation des privés à la réalisation de six nouveaux manuels mis en place pour la rentrée 2003/04, le ministre répond que « le privé doit d’abord régler sa machine pour ensuite aider le secteur de l’éducation ».

Le premier responsable du secteur a laissé entendre que le travail effectué par les éditeurs privés dans la réalisation de la première tranche des manuels n’a pas répondu aux aspirations de la réforme voulue pour le secteur. Plus explicite, M. Benbouzid estime que « le ministère de l’Education qui a pour mission de veiller sur l’intérêt du secteur a eu le temps de revoir les programmes scolaires, les évaluer et maintenant les améliorer », avant d’ajouter : « Des manuels vont être retirés et corrigés. » Il dira également que désormais pour l’année 2004/05, l’édition de la deuxième tranche du livre scolaire sera du ressort de l’Office national des publications scolaires (ONPS). « Si on continue avec le privé, on n’arrivera pas à instaurer la réforme ; or, on n’a pas le temps, et seul l’ONPS a les capacités de réaliser ces manuels en un temps record. Cependant, les éditeurs privés seront sollicités pour l’impression », a-t-il enchaîné. Un avis d’appel d’offres national et international sera lancé à cet effet.

Concernant, par ailleurs, les autres volets figurant dans le programme de réforme, notamment l’enseignement de la langue amazigh, celle-ci sera effectivement enseignée obligatoirement à partir de la 4e année primaire, dans plusieurs wilayas, dès la prochaine rentrée scolaire avant d’être élargie à tout le territoire national. Des programmes de formation spécifique à cette nouvelle filière ont été déjà lancés. La réflexion reste cependant sur le choix de la transcription de cette langue nationale. C’est l’Institut de formation et de perfectionnement des maîtres (IFPM), créé dans le cadre de la réforme, qui décidera de la formule la plus scientifique et pédagogique qui convient à l’enseignement de tamazight.

Lors de cette conférence d’évaluation, le ministre de l’Education a évoqué aussi l’enseignement dans les écoles privées. Ces dernières activaient pendant des années, mais ne sont régies par une loi que depuis six mois. Une loi qui sera mise en application dès la rentrée prochaine. « Les écoles privées sont soumises aux mêmes programmes et au même encadrement que les écoles publiques, la seule différence c’est qu’elles sont autorisées à avoir d’autres programmes supplémentaires que le ministère doit avaliser également », a souligné M. Benbouzid. « Nous allons leur donner un délai pour se conformer à la réglementation, sans cela elles devront arrêter leurs activités », a-t-il dit.

Rappelant en outre les réalisations du secteur de l’éducation durant ces quatre dernières années qui coïncident avec le mandat du Président Bouteflika, M. Benbouzid estime que l’éducation nationale a bénéficié d’un programme de relance des plus performants et des plus riches depuis l’Indépendance. Il ne manque pas de préciser que c’est grâce aux rentes pétrolières que le budget réservé annuellement à ce secteur a triplé en l’espace de 5 ans, passant de 14,5 milliards de dinars en 1999 à 47,9 milliards de dinars en 2003.

Rosa Mansouri, Le Matin