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Fin du sommet arabe

 
Les dirigeants arabes ont décidé la réactivation du plan de paix arabe, mais cette offre de normalisation, sous conditions, a été rejetée par l’Etat hébreu.
jeudi 24 mars 2005.

es dirigeants arabes clôturaient mercredi 23 mars les travaux de leur sommet à Alger qui a décidé la réactivation du plan de paix arabe, une offre de normalisation avec Israël en échange de la restitution des terres occupées rejetée par l’Etat hébreu. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Hani Moulki, dont le pays est à la base de la résolution entérinée par le sommet pour réactiver le plan de paix arabe adopté en 2002, a regretté qu’Israël ait "réagi trop rapidement de manière négative". Cela "pourrait donner l’impression que ce pays n’est pas intéressé par la paix", a-t-il déclaré. Un haut responsable à la présidence du conseil israélien a indiqué que son pays rejetait l’initiative arabe, estimant que le sommet était "en retard" sur les changements dans le monde arabe.

"Idiots"

Les dirigeants arabes, malgré l’absence du roi Abdallah II de Jordanie et du prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz, se sont retrouvés mercredi matin pour une séance publique marquée par des discours du secrétaire général de l’Onu Kofi Annan puis du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, suivie d’une réunion à huis clos.

Mouammar Kadhafi, connu pour ses éclats, a qualifié les Palestiniens et les Israéliens d’"idiots", provoquant des éclats de rire des dirigeants arabes, en particulier du Palestinien Mahmoud Abbas. Le sommet, qui se tient en présence de 13 chefs d’Etat des 22 membres de la Ligue arabe, a "entériné toutes les résolutions, notamment la réactivation du plan de paix arabe", avait annoncé mardi Hani Moulki. La résolution demande à Israël de se retirer "des territoires arabes occupés, y compris le Golan syrien jusqu’à la ligne du 4 juin 1967, et des territoires occupés au Liban sud", en référence aux fermes de Chebaa, conformément "au principe de la terre contre la paix". En échange de quoi, les Arabes "considéreront que le conflit israélo-arabe a pris fin et développeront des relations normales avec Israël dans le cadre d’une paix globale". Le plan prévoit la création d’un Etat palestinien et une solution garantissant le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Soudan et Somalie

Les réformes arabes, le soutien à la transition politique en Irak après les élections historiques du 30 janvier, une marque de solidarité à la Syrie et au Liban et les conflits au Soudan et en Somalie étaient au menu du sommet. "La réactivation de l’initiative arabe de paix par le sommet d’Alger mène à la paix, c’est pourquoi nous espérons qu’Israël ne restera pas sur sa première réaction négative", a affirmé mercredi Hani Moulki. Hani Moulki a toutefois indiqué qu’il espérait convaincre Israël des bienfaits de cette initiative. "J’aurai dans les prochains jours l’occasion d’en discuter avec la partie israélienne et j’espère que nous nous accorderons sur l’importance de cette initiative qui mène à une paix globale", a ajouté le ministre.

Visite de Shalom

Interrogé sur une éventuelle visite à Amman de son homologue israélien Sylvan Shalom, Hani Moulki a dit qu’une telle visite "dépend des progrès sur le dossier des prisonniers jordaniens en Israël et de l’attitude d’Israël vis-à-vis de l’initiative arabe". Le chef de la diplomatie jordanienne a estimé qu’Israël, qui avait déjà rejeté en 2002 le plan de paix arabe, devrait l’accepter aujourd’hui car sa réactivation "intervient au moment où le volet palestinien marque des progrès et parce qu’Israël s’est dit intéressé par la normalisation de ses relations avec dix pays arabes". "Nous leur offrons de normaliser leurs relations non pas avec dix pays arabes mais avec la totalité des pays arabes", a ajouté Hani Moulki.

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