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Bouteflika se fait muet en Algérie

 
Les grèves et les scandales financiers et économiques se multiplient en Algérie sans que le président Bouteflika ne réagisse publiquement.
mardi 2 mars 2010.

Bouteflika se fait muet en Algérie. S’il continue d’honorer les plus importants rendez-vous internationaux, le président Bouteflika a néanmoins réduit considérablement ses déplacements à l’étranger, contrairement à ses deux précédents mandats où il promenait son bâton de diplomate aux quatre coins du monde. Et cette attitude, assimilable à plus d’un égard à une résignation au retranchement, est reproduite au niveau interne en Algérie. En effet, le président Bouteflika n’enchaîne plus les visites d’inspection dans les wilayas de l’intérieur du pays, depuis sa reconduction à la tête de l’Etat pour un troisième mandat consécutif, il y a une année maintenant. De plus, il est de moins en moins loquace, substituant le froid communiqué à la chaude déclamation à laquelle il avait habitué les citoyens. Pourtant, ce ne sont pas les incitations à s’exprimer de vive voix qui manquent. Ni les scandales économiques révélés dans leur ampleur que l’on sait, ni le tragique d’une situation qui a vu le directeur général de la police se faire assassiner dans son propre bureau par un de ses proches collaborateurs ne l’ont arraché à son mutisme. Et le communiqué lu à l’occasion de la célébration du double anniversaire de la création de la centrale syndicale UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures, ainsi que les condoléances présentées à travers un communiqué à la famille du défunt Ali Tounsi n’ont fait, apparemment, qu’ajouter de l’épaisseur au mystère entourant le silence du chef de l’Etat.

Même s’il ne faut pas négliger le rappel, par voie de communiqué, de son engagement à poursuivre la lutte contre la corruption, il reste que cette façon de s’adresser à l’opinion est de moindre impact qu’une allocution solennelle publique. Notamment en cette conjoncture où les microcosmes médiatiques et politiques produisent, à n’en point finir, des conjectures sur une guerre des clans au sommet de l’Etat. Une guerre que, selon les mêmes supputations, les clans se livreraient à coups de révélations de scandales politico-économiques. Objectivement, le président aurait dû s’exprimer sur ces questions. Or il ne s’y résout toujours pas. Eprouverait-il, en ce moment, quelque gêne à briser le silence ? Personne n’est à même de répondre à cette question. Du moins, pas présentement. Il n’est pas aisé de percer les secrets de l’alcôve. Et face à la difficulté d’explorer les profondeurs d’un sérail aussi fermé que celui de notre pays, les analystes et autres observateurs se rabattent sur les supputations pour expliquer le mutisme du président. Des supputations qui, toutes, privilégient la contrariété politique à la raison médicale. En effet, la santé du président n’est plus avancée comme possible motif de ce retrait prolongé de la scène politique. Ceci même si, de temps à autre, parviennent des rumeurs sur des séjours médicaux fréquents du président en terre helvétique.

Synthèse de Rayane, www.algerie-dz.com
D’après le Soir d’Algérie