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Bouteflika et Mohamed VI pour une nouvelle dynamique

 
Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a eu, jeudi dernier, des entretiens avec le roi marocain, Mohamed VI, au niveau de la résidence d’Etat à Zéralda, à l’ouest d’Alger.
samedi 26 mars 2005.

La rencontre entre les deux chefs d’Etat a duré près de deux heures mais aucun communiqué ne l’a sanctionnée et aucun détail n’a officiellement filtré de ce tête-à-tête, le second du genre entre les deux dirigeants.Une indication cependant sur le « dégel » des relations algéro-marocaines, le message envoyé par le roi du Maroc, Mohamed VI, au président Bouteflika au moment où il quittait l’Algérie après avoir participé au 17e sommet de la Ligue des Etats arabes.

Le souverain marocain y exprime sa « profonde gratitude pour les conditions et les moyens réunis en vue de la réussite de ce sommet et pour l’esprit de solidarité et d’engagement qui a marqué le déroulement des travaux, particulièrement en ce qui concerne la défense des droits inaliénables des peuples arabes et la redynamisation de l’action arabe commune ». Mohamed VI renouvelle aussi son « profond sentiment de fierté pour les liens solides de fraternité qui unissent nos deux peuples, priant Dieu de nous aider à réaliser leurs aspirations à un meilleur avenir porteur de complémentarité et d’intégration dans le cadre d’une union arabe forte qui constituerait le pilier pour l’unité des peuples arabes et un regroupement de poids tant au sein de son environnement euro-méditerranéen et africain qu’au niveau international ».

Les deux axes politiques du message du souverain marocain donnent une indication sur le contenu des entretiens entre les deux chefs d’Etat. A savoir la situation dans le Monde arabe et particulièrement celles qui prévalent en Palestine occupée, et en Irak, d’un côté, et les relations bilatérales dans le cadre de la construction de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Des commentateurs et observateurs des deux pays considèrent les deux entretiens entre les deux chefs d’Etat comme le début d’un dégel dans les relations entre les deux pays. D’autres y voient même de l’enthousiasme et des rendez-vous à venir.

En fait, c’est du côté de la presse marocaine que l’optimisme est de rigueur. Les journaux marocains parlent même de prolongement du tête-à-tête par « une réunion de la commission mixte au niveau ministériel et celle des experts pour examiner les dossiers en suspens et préparer une rencontre au sommet pour parapher les protocoles d’accord ». Les points de désaccords entre les deux pays, au-delà de la question de l’autodétermination du peuple sahraoui, sont nombreux. Cela va des questions du trafic transfrontalier aux questions de sécurité et de lutte antiterroriste.

Mais cette rencontre entre les deux chefs d’Etat permettra de donner un coup d’accélérateur au processus d’intégration de l’UMA. Une Union considérée par les dirigeants des cinq pays membres comme une nécessité « impérieuse » dans un monde dominé par les grands ensembles. La dynamisation de ce regroupement régional devrait permettre aux cinq pays de l’UMA de négocier de meilleure manière et en unissant leurs efforts pour défendre une position et des intérêts communs face à des regroupements régionaux puissants, à l’instar de l’Union européenne.La situation politique, sociale et économique du Maroc a certainement influé dans la décision marocaine de « transcender les quelques incompréhensions » entre Rabat et Alger et de dépasser la situation de « froid diplomatique » qui entrave la bonne marche des relations bilatérales et du processus d’édification de l’Union du Maghreb arabe. Un réalisme qui est le bienvenu pour un regroupement régional qui tarde à voir le jour.

Par Amine Echikr, latribune-online.com