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La lutte contre le terrorisme en débat en Algérie

 
Le renforcement de la coopération dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel sera le thème principal d’une réunion de ministres tenue en Algérie.
mardi 16 mars 2010.

La coopération antiterroriste en débat en Algérie. La réunion, aujourd’hui à Alger en Algérie, des ministres des Affaires étrangères des six pays du Sahel est décisive. Outre les questions de sécurité, de développement et de stabilité de la région, les ministres auront à plancher sur une politique plus homogène et une coopération plus intense afin de contrecarrer toute ingérence des puissances étrangères dans les affaires internes de la région. La région connaît ces dernières années une ébullition sur le front sécuritaire en raison de la recrudescence des actes terroristes et la montée en puissance des réseaux de narcotrafiquants. Ce qui constitue un prétexte pour l’ingérence des grandes puissances dans ce vaste corridor. D’abord, l’Europe qui a convoqué ses ministres de l’Intérieur, il y a quelques mois, pour décider d’une politique sécuritaire commune sur le Sahel. Ils ont surfé sur des détails de prises d’otages de touristes par des groupes terroristes pour une ingérence de taille. Ceci a naturellement inquiété les pays concernés au plus haut niveau au point de réagir face aux tentatives d’intrusion dans une région fort compliquée au plan géographique et démographique. On se souvient d’ailleurs de l’initiative américaine dite Pan Sahel quand les USA ont débloqué plus de 120 millions de dollars et des équipements technologiques sophistiqués pour endiguer le redéploiement des groupes terroristes. Une initiative qui a suscité la réprobation de tous les Etats du Sahel alors que les Américains voulaient récidiver quelques années plus tard par leur volonté d’installer l’Africom, une base militaire avec ses annexes à travers les 17 pays de la région.

Cette démarche n’a été finalement acceptée par aucun Etat. Les pays concernés voyaient les actions aussi bien de l’UE que des Etats-Unis comme un jeu trouble dans cette région. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’UE et les Etats-Unis ont loué jusqu’à la flagornerie « les efforts de paix de l’Algérie dans la région du grand Sahel ». Dans ce jeu trouble, où l’odeur des intérêts est manifeste pour ces pays riches en ressources minières, les pays puissants tentent leur intrusion à tout prix. Au Mali et au Niger, la France veut contrôler les mines d’uranium et de bauxite par le biais de la multinationale Areva alors que le Tchad et le Burkina Faso font face à une pression américaine qui tente de les discréditer par la carte des droits de l’homme. Cependant, Alger reste le grand barrage à ces tentatives du fait que tous les Etats du Sahel misent sur son appui pour la pacification et la stabilité de la région. Il faut rappeler que sur le plan militaire, la coordination des états-majors des pays du Sahel qui se sont réunis à Tamanrasset, fin 2009, a débouché pour la première fois sur un consensus sur la lutte antiterroriste, la traque de la contrebande et des réseaux de narcotrafiquants. L’Algérie, qui défend haut et fort le principe de la non-ingérence, a toujours affirmé qu’elle demeurait foncièrement contre « toute ingérence des pays étrangers dans la gestion des conflits des Etats du Sahel ».

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Jeune Indépendant