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La Kabylie commémore le Printemps Berbère

 
Plusieurs marches et manifestations culturelles seront organisées en Kabylie à l’occasion du 30ème anniversaire du Printemps Berbère.
mardi 20 avril 2010.

La Kabylie commémore le Printemps Berbère. Les principales villes de Kabylie connaîtront aujourd’hui des marches pour commémorer le 30e anniversaire des manifestations du Printemps berbère d’avril 1980 et le 9e anniversaire du « Printemps noir » au cours duquel une centaine de jeunes ont été tués dans des émeutes sanglantes. Cependant, comme on peut le constater dans les différents communiqués et affiches que les animateurs de cette double commémoration ont produits, les marches sont initiées par des branches et des obédiences qui diffèrent par leurs sigles et par les…itinéraires qu’ils proposent. Ces itinéraires qui divergent à l’intérieur de la même ville – les unes sont parallèles ou perpendiculaires aux autres – renseignent, on ne peut mieux, sur le délitement d’un mouvement qui, initialement, portait les espoirs non seulement de la région d’où il a pris naissance, mais également de toute l’Algérie. Déjà, dans sa littérature de référence du début des années 1980, le Mouvement culturel berbère situait pratiquement au même niveau la revendication de l’identité berbère (reconnaissance de l’histoire du pays et réhabilitation de la langue amazighe) et le processus de démocratisation de la société et des institutions duquel dépend réellement la première revendication. Celle-ci étant donc d’essence démocratique et se trouvait dès le départ moulée dans une indéniable dimension nationale et ce, malgré les manœuvres du parti unique et de l’esprit d’inquisition de l’époque qui voulaient cantonner le mouvement dans une espèce de « particularisme kabyle ».

Ironie de l’histoire, c’est cette dernière accusation que l’un des animateurs du Mouvement berbère des années quatre-vingt, en l’occurrence Ferhat Mehenni, a fini par faire sienne en l’exploitant pour un nouvel idéal appelé « autonomie de la Kabylie ». Son Mouvement, le MAK, marchera aujourd’hui, dans des itinéraires qu’il a choisis pour lui, pour appeler à l’autonomie de cette région ; un concept nébuleux qui ne semble pas avoir les suffrages des populations, puisque, depuis sa première apparition en avril 2001, aucun travail idéologique ou technique de base n’a pu être réalisé par ses animateurs en direction des jeunes ou des médias. Les partis traditionnellement ancrés en Kabylie ainsi que des animateurs des aârchs ont appelé, eux aussi, à des marches pour perpétuer le souvenir des luttes pour l’identité et la démocratie. En dehors des manifestations (marches, expositions, conférences) prévues pour cette journée, il y a sans doute lieu de s’arrêter sur ce qu’a pu engranger la lutte ininterrompue pour l’identité amazighe dans notre pays depuis trois décennies. Malgré les épreuves et certaines déceptions, le bilan de la lutte pour la réhabilitation de l’identité et de la culture berbères est éloquent. Des dizaines d’écoles enseignent aujourd’hui tamazight. Cette langue a, au milieu des années 1990, été introduite à l’université. En 2003, un Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight a été créé et un arrêté interministériel définissant les missions et l’organisation de ce centre a été publié en mars 2007. De grandes insuffisances persistent : le statut des enseignants, les outils pédagogiques, l’accès offensif du berbère à l’audiovisuel public, la révision des manuels d’histoire pour donner à la dimension berbère la place qu’elle mérite et d’autres volets dont il reste à affiner le contenu.

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Jour d’Algérie