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Bouteflika doit respecter le droit de manifester en Algérie

 
Les Etats-Unis et l’Allemagne ont appelé le gouvernement algérien à respecter le droit des Algériens de manifester pacifiquement.
mardi 15 février 2011.

Le monde, qui a regardé le pouvoir algérien déployer massivement, exagérément sa police afin d’empêcher une expression pacifique de citoyens épris de liberté et de démocratie, n’est pas resté insensible, sans réagir. Le département d’Etat américain, le Parlement européen, l’Allemagne et la France ont, chacun de son côté, appelé les autorités algériennes à garantir aux citoyens le droit de manifester publiquement en Algérie. Mauvais points pour le pouvoir algérien qui, le 22 janvier, d’abord, et le 12 février, ensuite, a affiché plus qu’ostentatoirement sa nature répressive. Le président Bouteflika voit ses « amitiés diplomatiques », les vraies comme les prétendues, lui faire le reproche d’étouffer les libertés citoyennes en Algérie. Le déploiement massif des forces anti-émeutes samedi 12 février pour faire avorter brutalement la marche à laquelle ont appelé les forces démocratiques regroupées au sein de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a fait réagir outre Méditerranée et outre Atlantique. Le département d’Etat américain, à travers son porte-parole Philip Crowley, a appelé les forces de sécurité algériennes à la retenue face aux manifestants. « Nous prenons acte des manifestations actuelles en Algérie et appelons à la retenue les forces de sécurité », a noté Philip Crowley dans un communiqué rendu public dimanche.

L’avertissement dit bien son nom. Mais encore plus clairement dans ce qui suivi : « Par ailleurs, nous réaffirmons notre soutien aux droits universels du peuple algérien, y compris les droits de réunions et d’expression ; ces droits s’appliquent sur internet et doivent être respectés. » Le porte-parole du département d’Etat américain a indiqué, en outre, que « les Etats-Unis suivront de près la situation ces prochains jours ». Même ton au Parlement européen dont le président Jerzy Buzek a exhorté dimanche les autorités algériennes « à ne pas céder à la violence et à respecter le droit de leurs citoyens à manifester pacifiquement » et a appelé à la libération « immédiate » des manifestants arrêtés samedi lors de la marche interdite de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Ancien militant de Solidarnosc qui a marqué la Pologne communiste, le président du Parlement européen a qualifié d’« injustifiée » le maintien de l’état d’urgence qui « entrave manifestement les perspectives d’un développement juste, pacifique et durable dans le pays ». L’Allemagne et la France, le binôme qui constitue le cœur de l’Europe, ont adressé les mêmes remarques au pouvoir algérien, l’invitant à ne pas poursuivre dans sa politique de répression des manifestations publiques pacifiques. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, a, dans une intervention sur la chaîne ARD dimanche soir, appelé le gouvernement algérien à ne pas faire usage de violence contre les manifestants qui ne font qu’exercer « un droit humain » en exprimant leur opinion. « Le gouvernement allemand appelle le gouvernement algérien à renoncer à tout recours à la violence », a affirmé le chef de la diplomatie allemande, ajoutant qu’« il s’agit de manifestants désireux de liberté, qui ne font rien d’autre qu’exercer un droit humain, à savoir le droit de défendre dignement leur point de vue, c’est pourquoi nous condamnons toute forme de recours à la violence ».

Synthèse de Mourad, www.algerie-dz.com
D’après le Soir d’Algérie